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Charlie Hebdo vend 800'000 numéros par an pour assurer sa sécurité

Les hommages aux victimes de la tuerie de Charlie Hebdo près du siège de la rédaction, le 12 janvier 2015. [afp - Bertrand Guay]
Les hommages aux victimes de la tuerie de Charlie Hebdo près du siège de la rédaction, le 12 janvier 2015. - [afp - Bertrand Guay]
Adresse secrète et importants coûts de sécurité, Charlie Hebdo vit des heures difficiles trois ans après l'attentat qui a décimé sa rédaction. Son directeur Riss déplore que la liberté d'expression soit devenue un "produit de luxe".

Charlie Hebdo consacre une large part de son édition à paraître mercredi à l'attaque djihadiste qui avait fait 12 morts en janvier 2015.

Cette édition est intitulée "Trois ans dans une boîte de conserve" et en Une figure un dessin du directeur de rédaction Riss montrant la porte d'un bunker où est inscrit "Charlie Hebdo", référence à la nouvelle adresse tenue secrète.

"Liberté d'expression, combien ça coûte?"

Dans un édito titré "Liberté d'expression, combien ça coûte?", Riss estime que chaque semaine, 15'000 exemplaires, soit 800'000 par an, doivent être vendus uniquement pour payer la sécurisation des locaux.

"Est-il normal pour un journal d'un pays démocratique que plus d'un exemplaire sur deux vendus en kiosque finance la sécurité des locaux et des journalistes qui y travaillent? Quel autre média en France doit investir autant d'argent pour lui permettre d'user de cette liberté fondamentale qu'est la liberté d'expression?", s'interroge Riss, blessé lors de l'attaque.

boi avec afp

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Retour sur les faits

Le 7 janvier 2015 vers 11h30, les frères Kouachi pénètrent dans la rédaction de Charlie Hebdo à Paris et y assassinent 11 personnes, dont huit membres de la rédaction, puis tuent un policier durant leur fuite.

Les victimes sont les dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinski, ainsi que la psychanalyste et chroniqueuse Elsa Cayat, l'économiste Bernard Maris, un correcteur, un agent de sécurité, un agent de maintenance et une personne invitée ce jour-là.

Le bilan final est de douze personnes assassinées et de onze blessées, dont quatre grièvement.

Les deux frères sont tués deux jours plus tard à Dammartin-en-Goële, au nord de Paris, par des membres du GIGN, alors qu'ils s'étaient retranchés dans une imprimerie.

Parallèlement, un complice des frères Kouachi, Amedy Coulibaly, a assassiné cinq personnes, une policière à Montrouge et quatre clients d'une supérette casher à Paris lors d'une prise d'otages qui s'achève par le décès de Coulibaly lors d'un assaut policier.