Modifié le 11 avril 2017 à 12:23

Les alliés des Etats-Unis saluent les frappes en Syrie, Moscou hausse le ton

Syrie - Frappes américaines: la communauté internationale réagit
La communauté internationale réagit 19h30 / 1 min. / le 07 avril 2017
Les principaux alliés des Etats-Unis saluaient unanimement vendredi la décision de Washington d'envoyer un signal fort à Damas. La Russie et l'Iran, à l'inverse, ont fustigé ces frappes qualifiées d'"agression".

Londres a apporté un soutien clair aux frappes américaines vendredi. "Le gouvernement britannique soutient totalement l'action américaine, que nous estimons être une réponse appropriée à l'attaque barbare à l'arme chimique lancée par le régime syrien", a déclaré le porte-parole du gouvernement britannique.

Israël, autre allié historique des Etats-Unis, a applaudi le "message fort et clair" ainsi délivré. "Israël (...) espère que ce message de détermination face aux agissements ignobles du régime de Bachar al-Assad sera entendu non seulement à Damas, mais aussi à Téhéran, Pyongyang et ailleurs", a indiqué le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui avait été informé à l'avance de l'opération.

>> Lire: Les Etats-Unis ont tiré des missiles sur une base aérienne syrienne

"Décision courageuse"

Même position pour l'Arabie saoudite, important allié des Etats-Unis au Moyen-Orient, qui a loué vendredi la "décision courageuse" de Donald Trump et exprimé son "soutien total" à ces opérations "qui interviennent en réponse à l'utilisation par le régime syrien d'armes chimiques contre des civils innocents".

Le Japon s'est également rangé du côté des Etats-Unis. "Le gouvernement japonais soutient la détermination du gouvernement américain à ne jamais tolérer la prolifération d'armes chimiques", a déclaré le Premier ministre japonais Shinzo Abe, jugeant que l'action américaine avait "eu pour but d'éviter une aggravation de la situation".

Frappes "insuffisantes" pour la Turquie

Dans un entretien télévisé en Turquie, le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus a jugé que ces frappes étaient une bonne chose et que la communauté internationale se devait d'exprimer sa position face à la "barbarie" de Damas. Le ministre des Affaires étrangères turc Mevlut Cavusoglu a appelé à un départ immédiat de Bachar el-Assad.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a lui aussi salué vendredi les frappes américaines tout en les jugeant insuffisantes et en appelant à des mesures supplémentaires.

L'UE "ne croit pas à une solution militaire"

L'Union européenne a fait part de son intention de travailler avec les Etats-Unis afin de mettre fin aux brutalités en Syrie. Les frappes américaines "illustrent une détermination nécessaire contre les attaques chimiques barbares", a déclaré le président du Conseil européen Donald Tusk.

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a dit comprendre "l'intention" des frappes ordonnées dans la nuit de jeudi à vendredi par Donald Trump contre une base aérienne syrienne mais a rappelé que l'Union européenne ne croyait pas à la possibilité d'une solution militaire au conflit syrien.

"Entière responsabilité" d'Assad

L'OTAN a estimé que le président syrien Bachar al-Assad portait "l'entière responsabilité de ce développement" des événements, un avis déjà partagé auparavant par le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel dans un communiqué commun. François Hollande a appelé à poursuivre "la réponse américaine au niveau international, dans le cadre des Nations Unies si c'est possible".

Pour François Hollande, les frappes américaines en Syrie sont une "réponse"
L'actu en vidéo - Publié le 07 avril 2017

Aux côtés de son homologue allemand Sigmar Gabriel, le ministre des Affaires étrangères français Jean-Marc Ayrault a appelé la Russie à en finir avec l'hypocrisie dans le conflit syrien, tout en assurant vouloir éviter toute escalade après les frappes américaines.

Sigmar Gabriel a, lui, jugé "compréhensible" que les Etats-Unis s'attaquent aux structures militaires du régime Assad. "Il était à peine supportable de devoir regarder comment le Conseil de sécurité s'est montré incapable de réagir de manière claire à l'utilisation barbare d'armes chimiques" a estimé le chef de la diplomatie allemande, tout en appelant à trouver une solution sous l'égide de l'ONU.

Le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni a de son côté estimé que les frappes américaines étaient "une réponse motivée à un crime de guerre" et qu'elles devraient "accélérer la recherche d'une solution négociée durable".

Le secrétaire général des Nations Unis, Antonio Guterres, a appelé à la retenue contre le régime de Damas. Il a souligné qu'il n'y avait d'autre solution que politique à la guerre qui déchire la Syrie.

"Eviter une escalade militaire"

La Suisse, de son côté, rappelle vendredi matin "condamner avec toute la fermeté possible" l'usage d'armes chimiques en Syrie. Le Département fédéral des affaires étrangères dit "privilégier une solution politique" qui passe par une enquête et le dialogue, afin d'"éviter une escalade militaire". A noter que cette prise de position ne mentionne pas spécifiquement la frappe militaire américaine de la nuit passée.

Dans la même optique, la Chine a elle aussi appelé à un règlement politique et à "éviter toute nouvelle détérioration de la situation" en Syrie, alors que le président chinois Xi Jinping rencontre Donald Trump en Floride. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois a rappelé que Pékin condamnait "l'usage d'armes chimiques, par n'importe quel pays".

Colère de la Russie

Ton radicalement différent du côté de la Russie, le principal allié du régime syrien, qui a très sévèrement fustigé l'initiative militaire américaine et a demandé une réunion en urgence du conseil de sécurité de l'ONU. Moscou a annoncé dans la foulée la suspension d'un accord avec Washington sur la sécurité aérienne en Syrie. Le porte-parole de l'armée russe a également annoncé que des mesures seraient prises pour renforcer les défenses antiaériennes de l'armée de Bachar al-Assad.

Vladimir Poutine estime que les frappes constituent une "agression contre un Etat souverain" et causent un "préjudice considérable aux relations russo-américaines qui sont déjà dans un état lamentable", d'après les agences de presse russes qui citent le Kremlin. Son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, n'a quant à lui pas hésité à évoquer une "provocation" de la part des Etats-Unis.

Moscou dénonce un "prétexte inventé" et dit ne pas croire que la Syrie dispose d'armes chimiques. Selon la Russie, les frappes viseraient avant tout à détourner l'attention de la communauté internationale des morts civiles provoquées par l'offensive contre la ville de Mossoul, en Irak. L'initiative américaine va inévitablement constituer un obstacle majeur à la création d'une coalition internationale pour lutter contre le terrorisme, a déclaré un porte-parole.

>> Le point avec Isabelle Cornaz, à Moscou:

Syrie - Frappes américaines: le point avec Isabelle Cornaz, à Moscou
19h30 - Publié le 07 avril 2017

"Un acte idiot et irresponsable"

La réaction de Bachar El-Assad n'est parvenue que vendredi à la mi-journée. Dans un communiqué, la présidence syrienne a qualifié les frappes d'"acte idiot et irresponsable", qui révèle la "vision à court terme" et l'"aveuglement" des Etats-Unis sur les plans politique et militaire. L'armée syrienne a elle aussi condamné une attaque "injustifiée".

L'armée syrienne condamne une attaque "injustifiée"
L'actu en vidéo - Publié le 07 avril 2017

L'Iran, lui aussi allié du régime de Bachar al-Assad, a condamné "vigoureusement" et accusé les Etats-Unis de "fausses allégations". Cette attaque ne fera qu'"aider les groupes terroristes qui sont en déclin et compliquer encore la situation en Syrie et dans la région", a déclaré Bahram Ghassemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, cité par l'agence Fars.

A noter que le régime syrien et ses alliés iranien et russe qualifient de "terroristes" l'ensemble des groupes armés rebelles et djihadistes en Syrie.

Reconnaissance de certains survivants

Trois jours après l'attaque neurotoxique, certains survivants de Khan Cheikhoun affichaient de la reconnaissance envers les Etats-Unis, mais disaient en attendre davantage.

Les habitants de Khan Cheikhoun saluent l'attaque américaine
L'actu en vidéo - Publié le 07 avril 2017

agences/ptur/kkub

Publié le 07 avril 2017 à 09:06 - Modifié le 11 avril 2017 à 12:23

L'opposition syrienne salue l'initiative américaine, la TV d'Etat condamne

L'opposition de la Coalition nationale syrienne (CNS) a salué les frappes, et dit espérer que les opérations continuent pour mettre fin aux frappes du régime et à "l'utilisation d'armes prohibées internationalement", a annoncé un porte-parole du groupe.

La télévision d'Etat syrienne a, de son côté, qualifiées les frappes américaines d'"agression".