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"La Suisse profitera des mesures économiques de Donald Trump"

L'ancien ambassadeur Thomas Borer. [Alessandro della Bella - Keystone]
L'invité de la rédaction - Thomas Borer, consultant et conseiller stratégique pour des entreprises actives aux Etats-Unis / Le Journal du matin / 20 min. / le 17 novembre 2016
"La Suisse va profiter des mesures économiques" que prendra le prochain président américain, estime jeudi sur les ondes de la RTS Thomas Borer, ancien ambassadeur suisse en Allemagne et fin connaisseur des Etats-Unis.

La Suisse a toujours été mieux servie avec un président des Etats-Unis républicain qu'avec une administration démocrate, analyse Thomas Borer, interviewé dans le Journal du Matin. En exemple, l'ancien diplomate cite l'affaire des fonds en déshérence à l'époque de la présidence de Bill Clinton dans les années 1990 ou plus récemment les négociations sur le secret bancaire avec l'administration Obama, tous deux des dirigeants démocrates.

Sur le plan économique, Donald Trump a promis d'investir 500 milliards de dollars dans l'infrastructure des Etats-Unis. Ce projet sera bénéfique pour les secteurs des biens d'équipement et des nouvelles technologies, deux domaines dans lesquels les entreprises suisses sont très présentes, rappelle celui qui est désormais consultant.

Pas de barrières pour les entreprises suisses

Thomas Borer ne s'attend pas à davantage de protectionnisme envers l'Europe et plus particulièrement envers notre pays. "La Suisse représente le sixième plus grand montant d'investissement étranger direct aux Etats-Unis et est responsable de près d'un demi-million d'emplois dans le pays", explique l'ancien ambassadeur. Washington n'aurait donc aucun intérêt à serrer la vis envers Berne.

L'ex-diplomate ne craint pas non plus de durcissement des conditions d'entrée sur sol américain pour les voyageurs suisses. "La Suisse n'est pas perçue comme un pays à problèmes aux Etats-Unis", ajoute Thomas Borer. Seul bémol: pour les banquiers. Ceux-ci "devront continuer de se méfier".

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L'administration Trump, le défi actuel du républicain

Pour Thomas Borer, le principal défi de Donald Trump consiste actuellement en la mise en place d'une administration. Le républicain doit choisir ses ministres et conseillers, mais pas seulement: il doit également repourvoir quelque 4000 postes à Washington.

"On peut s'attendre à des turbulences et des gaffes durant les premiers mois", explique l'ancien ambassadeur suisse en Allemagne. Thomas Borer a cependant pu constater ce phénomène lors d'autres passations de pouvoir, par exemple avec l'arrivée de Bill Clinton à la Maison Blanche en 1993.