Modifié le 12 octobre 2016 à 12:15

Contacts de Barroso avec Goldman Sachs durant son mandat à Bruxelles dénoncés

José Manuel Barroso.
José Manuel Barroso. [Maxime Schmid - Keystone]
José Manuel Barroso a entretenu des contacts étroits avec la banque Goldman Sachs pendant son mandat à la tête de la Commission européenne, selon des documents révélés par le journal portugais Publico.

Les dirigeants de la banque américaine "faisaient parvenir au cabinet de Barroso de manière confidentielle des propositions sur des changements à apporter aux politiques de l'Union européenne", rapporte le journal, qui publie des extraits de lettres et mails obtenus auprès de la Commission européenne.

Une missive du 30 septembre 2013 signée par le patron de Goldman Sachs fait ainsi état d'une visite de José Manuel Barroso au siège de la banque à New York qui, selon le journal, ne figurait ni à son agenda officiel, ni dans les archives de la Commission.

Démenti

Publico cite entre autres une lettre d'une lobbyiste faisant des propositions sur la législation des marchés financiers et la réponse du cabinet de Barroso qui promet de les lire "avec grand intérêt".

L'ex-président de la Commission, qui a entre temps été nommé président non-exécutif de Goldman Sachs International, a "démenti catégoriquement" avoir eu une "relation spéciale avec une entité financière" durant l'exercice de ses deux mandats.

>> Lire aussi notre éclairage: Ces dirigeants qui se recyclent dans le secteur privé

afp/jvia

Publié le 24 septembre 2016 à 22:07 - Modifié le 12 octobre 2016 à 12:15

Un recrutement vivement critiqué

Le recrutement de José Manuel Barroso par Goldman Sachs a soulevé une vague d'indignation en Europe et notamment en France, où le président François Hollande l'a qualifié de "moralement inacceptable".

"Lors d'éventuelles visites à Bruxelles, José Manuel Barroso sera désormais reçu lui-même comme un lobbyiste lambda et "non pas comme ancien président", a d'ores et déjà averti son successeur à la tête de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

"Pourquoi je n'aurais pas le droit de travailler où je veux du moment où il s'agit d'une entité légale? Ce n'est pas un cartel de drogue", a de son côté ironisé le principal intéressé devant des journalistes en marge d'une conférence au Portugal.