Modifié le 05 juillet 2016 à 14:18

Une agence nationale de renseignement unique préconisée en France

Les alertes se multiplient à Paris depuis les attentats, l'une d'entre elles mardi à la station de métro République.
Une agence nationale de renseignement unique préconisée en France Le 12h30 / 1 min. / le 05 juillet 2016
Une commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015 à Paris préconise une réorganisation des services de renseignements français autour d'une agence nationale placée sous l'autorité du Premier ministre.

Les "frontières" existant entre les différentes entités des service de renseignement sont notamment remises en cause par la commission d'enquête parlementaire.

Le président et le rapporteur de la commission, dont les conclusions doivent être formellement adoptées mardi, s'interrogent également sur l'utilité de prolonger l'état d'urgence et le déploiement de soldats sur le sol national.

"Notre pays n'était pas préparé, maintenant il faut se préparer", a déclaré le député d'opposition de droite Georges Fenech, qui a présidé la commission d'enquête sur les attentats de janvier (17 morts) et novembre (130 morts). 

Le modèle américain

"Les deux grands patrons du renseignement (intérieur et extérieur) ont reconnu pendant leurs auditions que les attentats de 2015 représentent un 'échec global du renseignement'", a révélé de son côté le député socialiste Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la commission d'enquête.

Les députés prônent notamment la création d'une agence nationale du renseignement, placée directement sous l'autorité du Premier ministre, sur le modèle américain du Centre national antiterroriste (NTC) créé après le 11 septembre 2001.

Aujourd'hui, les services de renseignement français sont éclatés en six entités, placées sous l'autorité du ministère de l'Intérieur, de la Défense ou de l'Economie, avec l'implication de policiers spécialisés, de militaires ou de douaniers.

>> Les précisions de Michel Beuret à Paris:

France - Rapport d’enquête parlementaire sur les attentats à Paris en 2015: les précisions de Michel Beuret, à Paris
12h45 - Publié le 05 juillet 2016

afp/ebz

Publié le 05 juillet 2016 à 09:01 - Modifié le 05 juillet 2016 à 14:18

Etat d'urgence en question

Plus globalement, les deux rapporteurs ont émis des doutes sur les mesures prises après les attentats. L'état d'urgence, décrété après les attaques du 13 novembre "a eu un effet mais il semble s'être rapidement amenuisé", selon Sébastien Pietrasanta.

Quant à "l'opération Sentinelle", qui a permis de déployer jusqu'à 10'000 soldats en France, le député socialiste s'interroge sur "l'efficacité réelle de ce dispositif dans la sécurisation du territoire national".

En revanche, ils ont adressé un satisfecit aux forces d'élite dont l'intervention, le soir du 13 novembre, "a été rapide, efficace et a démontré qu'elles étaient capables de collaborer", ajoute Sébastien Pietrasanta.