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Les Argentins élisent un nouveau président et tournent la page Kirchner

Cristina Kirchner [AP Photo/Rolex Dela Pena, Pool]
Après 12 ans de présidence Kirchner, l'Argentine va changer de président / Tout un monde / 5 min. / le 23 octobre 2015
Les Argentins élisent dimanche un nouveau chef de l'Etat qui succédera à Cristina Fernandez dont le bilan divise la société argentine. Cette élection met un terme à 12 ans de règne du couple Kirchner.

Les Argentins ont commencé à voter dimanche pour élire le successeur de Cristina Kirchner, au pouvoir depuis 2007 et qui ne pouvait briguer un 3e mandat consécutif. Son mari d'origine suisse, Nestor, décédé en 2010, l'avait précédée entre 2003 et 2007.

Daniel Scioli, membre de la coalition de gauche au pouvoir, est le favori de l'élection, devant le conservateur Mauricio Macri, à la tête de la mairie de Buenos Aires depuis huit ans.

Victoire au premier tour visée

Actuel gouverneur de la province de Buenos Aires, Daniel Scioli vise une victoire dès le premier tour. Chose effective s'il atteint 45% des voix ou s'il s'assure 40% des voix et un écart de 10 points de pourcentage sur le deuxième. Les bureaux de vote fermeront à 18h00 (22h00 en Suisse).

Bénéficiant principalement du soutien des classes les plus pauvres et laborieuses, Cristina Fernandez est visée par des critiques lui reprochant une politique trop protectionniste, responsable selon ses adversaires des difficultés que traverse l'économie argentine.

"Pas d'expérimentation" pour Scioli

"Je ne propose aucune révolution. Je maintiendrai ce qu'il faut maintenir, je changerai ce qu'il faut changer et je corrigerai ce qu'il faut corriger, à ma manière", a déclaré de manière énigmatique Daniel Scioli. "Les citoyens savent qui nous sommes et ce que nous faisons et ils ne sont pas d'humeur à tenter des expérimentations", a-t-il ajouté au dernier jour de sa campagne électorale.

De son côté, promoteur d'une politique économique libérale, Mauricio Macri, 56 ans, rejette en bloc la politique menée par les Kirchner. Il a toutefois dû mettre de l'eau dans son vin et annoncé le maintien de certaines aides sociales octroyées par les Kirchner, des mesures populaires pour la majorité des Argentins.

Troisième selon les sondages, le centriste Sergio Massa ne semble pas en mesure de s'imposer.

agences/mre

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Reprise, puis panne économique

Le pays a connu un boom économique de 2003 à 2011 (environ 8% par an). Selon les premières estimations officielles, la croissance est retombée à 0,5% en 2014. Certains analystes jugent que le pays est entré en récession.

Le pays souffre d'une inflation supérieur à 20% qui pousse les Argentins à consommer pour ne pas voir leurs pesos fondre, dont la valeur ne fait que de chuter face aux devises.

Le contrôle des capitaux, visant à limiter l'évasion, a favorisé un marché noir, sur lequel un dollar s'échange contre plus de 15 pesos, alors que le taux de change officiel est de moins de 10 pesos. Le gouvernement Kirchner a également appliqué une limitation des importations et des barrières douanières, chercha à favoriser l'industrie locale.