Modifié le 11 juillet 2015 à 03:40

Les réformes grecques pour rester dans la zone euro bien accueillies

Sur la place Syntagma d'Athènes, des partisans du maintien de la Grèce dans la zone euro, le 9 juillet 2015.
Sur la place Syntagma d'Athènes, des partisans du maintien de la Grèce dans la zone euro, le 9 juillet 2015. [ - ]
La nouvelle offre de réformes d'Athènes pour rester dans la zone euro, examinée dès vendredi par le Parlement grec, a été bien accueillie par la France et l'Italie notamment.

Des échos optimistes, bien que prudents, sont venus de plusieurs capitales européennes, comme Paris, Vienne et Rome, alors que le gouvernement allemand s'est abstenu de trancher pour l'instant.

Pour mettre toutes chances de son côté, le gouvernement Tsipras a choisi de soumettre dès vendredi ses propositions à l'approbation de principe des députés, afin de démontrer sa volonté de réforme.

>>Lire: Les propositions grecques semblables aux mesures des créanciers

Les bourses en hausse

Les marchés financiers ont réagi positivement à ces nouveaux développements avec une accélération de l'euro par rapport au dollar, une hausse des bourses européennes et une nette détente des taux d'emprunt des pays du Sud de l'Europe, la Grèce en tête.

A la tête du camp un peu maigre des conciliants, le président français François Hollande a jugé que les dernières propositions d'Athènes étaient "sérieuses" et "crédibles", ajoutant toutefois que "rien n'est encore fait".

>> Les précisions d'Isabelle Ory à Bruxelles:

Grèce - réforme: les explications d’Isabelle Ory, correspondante auprès de l’UE, depuis Bruxelles
19h30 - Publié le 10 juillet 2015

"Saisir cette chance"

"Il n'y a pas encore de résultat, mais il existe une chance d'accord et nous devons saisir sérieusement cette chance", a jugé le chancelier autrichien Werner Faymann, tandis que le chef du gouvernement italien Matteo Renzi s'est déclaré "plus optimiste".

La nouvelle proposition soumise par le gouvernement grec à ses créanciers constitue un "progrès", a déclaré vendredi le ministre des Finances de la Slovaquie, pays partisan de la ligne dure vis-à-vis d'Athènes au sein de la zone euro.

Athènes va cependant devoir obtenir à la fois le feu vert des créanciers (UE et FMI), des Grecs qui ont largement rejeté dimanche dernier une potion d'austérité similaire à celle offerte aujourd'hui par le gouvernement, et de l'aile gauche de Syriza, le parti du Premier ministre Alexis Tsipras (voir encadré).

"Un accord est possible entre la Grèce et l'UE"

Interrogé dans le Journal du matin (écouter le son ci-dessous), l'ex-commissaire européen Michel Barnier estime que le résultat du référendum a donné à Alexis Tsipras la confiance populaire qu'il n'avait pas auparavant. "Il peut utiliser cette victoire pour faire bouger les lignes", analyse-t-il.

Selon le Français, "un accord est possible entre la Grèce et l'Union européenne sur la base des propositions faites par Alexis Tsipras.  Il est même nécessaire".

Michel Barnier.
Thomas Samson - AFP
Le Journal du matin - Publié le 10 juillet 2015

afp/olhor

Publié le 10 juillet 2015 à 15:04 - Modifié le 11 juillet 2015 à 03:40

Le Parlement grec en séance

"Je vous appelle à soutenir l'effort du gouvernement en vue d'un accord", a lancé aux parlementaires Dimitris Vitsas, député Syriza - la gauche radicale au pouvoir. Il a pris la parole au nom de la majorité devant la commission parlementaire qui examine en procédure d'urgence l'offre déposée vendredi soir par Athènes.

Des membres de la majorité ont exprimé leurs divergences dans une déclaration très dure prônant une sortie de l'euro.

Après un premier examen en commission prévu jusqu'en début de soirée, les 300 députés grecs devaient se réunir pour donner leur feu vert au gouvernement de négocier avec les créanciers sur ce paquet de réformes. Un vote était envisagé aux alentours de minuit heure locale. Dans tous les cas avant la réunion des ministres des Finances prévue à Bruxelles samedi.

Les anti-austérité dans les rues d'Athènes

Entre 7000 et 8000 personnes ont manifesté selon la police vendredi dans le centre d'Athènes. Elles demandaient que le Premier ministre grec Alexis Tsipras respecte leur vote "non" au référendum en plein débat au Parlement sur les propositions soumises aux créanciers.

Un cortège qui a défilé entre la place Syntagma, siège du Parlement grec, et la place Omonia, était formé des sympathisants du mouvement PAME (syndicats du parti communiste grec KKE). Il a rejoint devant le parlement des manifestants anti-austérité, qui appelaient au respect de leur vote contre le programme des créanciers.