Modifié le 14 octobre 2014 à 20:30

Six mois de détention pour les 200 lycéennes enlevées par Boko Haram

Les quelque 200 Nigérianes enlevées par le groupe islamiste Boko Haram restent introuvables
Les quelque 200 Nigérianes enlevées par le groupe islamiste Boko Haram restent introuvables 19h30 / 2 min. / le 14 octobre 2014
Le 14 avril, 276 jeunes Nigérianes étaient enlevées par le groupe islamiste Boko Haram, provoquant une indignation internationale. Six mois plus tard, 219 d'entre elles sont toujours portées disparues.

Six mois après jour pour jour, rien n'a bougé: plus de 200 lycéennes enlevées par Boko Haram dans le nord-est du Nigeria restent prisonnières du groupe islamiste armé, loin de l'émotion internationale suscitée par le kidnapping.

Une centaine de membres du mouvement "Bring back our girls" ("Ramenez-nous nos filles"), qui avaient prévu de marcher jusqu'à la résidence du président Goodluck Jonathan à Abuja pour marquer ce triste anniversaire et réclamer leur libération, ont été stoppés par les forces de sécurité nigérianes.

Veillée aux chandelles

Dimanche, une veillée aux chandelles avait été organisée devant leur lycée de Chibok, où les 276 adolescentes de 12 à 17 ans ont été enlevées le 14 avril.

Plusieurs dizaines d'entre elles ont réussi à échapper à leurs ravisseurs dans les heures et les jours qui ont suivi, mais 219 jeunes filles sont toujours portées disparues.

Le hashtag pour éviter l'oubli:

Les réseaux sociaux et le hashtag #Bringbackourgirls n'ont pas sauvé ces jeunes filles, mais ils permettent de ne pas les oublier.
Times Nigeria -
Sonar - Publié le 18 septembre 2014

afp/sbad

Publié le 14 octobre 2014 à 14:56 - Modifié le 14 octobre 2014 à 20:30

Le hashtag #BringBackOurGirls mobilise les réseaux sociaux

La campagne "Bring back our girls" a rapidement marqué les réseaux sociaux. Au Nigeria, les membres du mouvement, mal vus par les autorités, ont continué à se réunir de façon régulière à Abuja.

La jeune Pakistanaise Malala, récente lauréate du prix Nobel de la Paix, a aussi prêté son image pour défendre la cause des jeunes lycéennes enlevées.


Aide militaire de pays étrangers

Plusieurs pays étrangers - les Etats-Unis en tête, avec la France et la Grande-Bretagne- ont fourni une aide militaire et logistique, mais déplorent la mauvaise collaboration avec l'armée nigériane et le manque de progression des recherches.

Amnesty International a affirmé en mai dernier que l'armée avait été informée de l'imminence d'une attaque de Boko Haram mais n'avait pas réagi, notamment faute de moyens. L'armée rejette ces accusations.

L'ONU a elle affirmé que les exactions de Boko Haram peuvent "constituer des crimes contre l'humanité".

Deux vidéos revendiquées par Boko Haram

Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a revendiqué l'enlèvement dans un vidéo le 5 mai, menaçant de marier les captives de force et de les traiter en esclaves.

La semaine suivante, une autre vidéo montrait quelques 130 jeunes filles voilées, récitant des versets du coran. Shekau exigeait cette fois la libération de prisonniers de Boko Haram en échange de celle des lycéennes de Chibok.

Peu après, l'armée nigériane affirmait avoir localisé les jeunes filles, assurant cependant qu'une opération de sauvetage n'était pas envisageable, car trop trop dangereuse pour les otages.

Depuis ces déclarations, aucune nouvelle. Ni des jeunes filles, ni des hypothétiques négociations qui seraient menées dans l'ombre avec les islamistes pour obtenir leur libération.

10'000 morts depuis 2009

En juillet dernier, le gouverneur de l'Etat de Borno a annoncé que 176 enseignants ont été tués et 900 écoles détruites depuis 2011 dans cet Etat, épicentre de l'insurrection islamiste.

Boko Haram, qui dit combattre l'éducation occidentale, mène une insurrection qui a fait 10'000 morts depuis 2009.