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Vifs échanges entre les colistiers Joe Biden et Paul Ryan

Séqences choisies - Extraits du duel Biden-Ryan
Séqences choisies - Joe Biden et Paul Ryan s'expriment sur l'attentat contre l'ambassade américaine en Lybie et sur l'économie. / L'actu en vidéo / 1 min. / le 12 octobre 2012
Joe Biden et Paul Ryan, colistiers de Barack Obama et Mitt Romney pour la présidentielle américaine du 6 novembre, ont eu des échanges intenses jeudi soir à Danville dans le Kentucky au cours d'un débat crucial pour les démocrates face à la remontée du candidat républicain dans les sondages.

Une semaine après le débat raté d'Obama face à Romney - "ce n'était pas ma soirée", a-t-il admis - Joe Biden, le vice-président démocrate, pugnace, a rassuré son camp.

Le débat, vif mais courtois, entre deux candidats à la vice-présidence que tout oppose ou presque - âge, personnalité, vision de l'Amérique - a débuté par un échange sur les responsabilités de l'administration dans l'attaque du consulat de Benghazi, en Libye, le 11 septembre où l'ambassadeur américain a été tué. (Voir les principales déclarations en encadré)

L'Iran, tout comme l'Afghanistan et la Syrie, a aussi fait l'objet d'un échange vif sur la politique étrangère de Barack Obama depuis sa prise de fonctions, le républicain affirmant que la sécurité des Etats-Unis avait été affaiblie en quatre ans.

Biden décontracté, Ryan appliqué

Très décontracté, Biden, 69 ans, élu six fois au Sénat des Etats-Unis et orateur éloquent coutumier des grands rendez-vous politiques, a ri de très nombreuses reprises au cours de ce débat où ont été abordées de nombreuses questions centrées sur le niveau d'imposition de la classe moyenne, l'état de l'économie ou encore la religion et l'avortement.

Paul Ryan, 42 ans, qui a été élu sept fois au Congrès, mais n'a jamais participé à un tel face-à-face, est apparu beaucoup plus appliqué. Interrogé sur la question - sensible aux Etats-Unis - de l'avortement, il a expliqué qu'il n'y était favorable que dans des cas très limités, lorsqu'il y a eu viol, inceste, ou que la vie de la mère est en danger, rejoignant ainsi la position officielle avancée par Mitt Romney.

Barack Obama "fier" de son vice-président

C'est la deuxième fois de son histoire que la petite ville de Danville reçoit ce face-à-face entre les prétendants à la vice-présidence du pays, qui a été suivi par des dizaines de millions de téléspectateurs.

A l'issue du débat, qu'il a regardé à la télévision à bord d'Air Force One, Barack Obama s'est dit "très fier" de son vice-président. "Je veux souligner que Joe Biden a été excellent ce soir", a-t-il déclaré à sa descente d'avion.

Les deux derniers débats entre les candidats à la Maison Blanche, Barack Obama et Mitt Romney, sont prévus les 16 et 22 octobre.

agences/mre

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Les déclarations sur Benghazi et l'Afghanistan:




ATTENTAT DE BENGHAZI:

-BIDEN: "Nous irons jusqu'au fond de l'affaire, et où que nous mènent les faits, et quels qu'ils soient, nous en ferons part aux Américains, car quelles que soient les erreurs réalisées, elle ne seront pas répétées".

- RYAN: "Il a fallu deux semaines au président pour reconnaître qu'il s'agissait d'une attaque terroriste (...) Notre ambassadeur à Paris a tout un détachement de Marines pour le protéger, n'aurait-il pas fallu avoir un détachement de militaires pour protéger notre ambassadeur à Benghazi, un endroit où l'on savait qu'il y avait une cellule d'Al-Qaïda avec des armes?"



AFGHANISTAN:

- BIDEN: "Nous quitterons l'Afghanistan en 2014, un point c'est tout. Et en faisant cela, nous économiserons 800 milliards de dollars sur les 10 prochaines années".

- RYAN: "Nous sommes d'accord avec la transition de 2014. (...) Mais nous voulons que cette transition soit réussie. Il faut que nos généraux soient sûrs de ce succès, pour ne pas que ce pays devienne une base arrière pour les terroristes. (...) On ne veut pas que nos ennemis mettent une date sur le calendrier, attendent qu'on soit partis et reviennent ensuite".

Les déclaration sur l'économie et l'avortement




ÉCONOMIE:

- BIDEN: "L'économie était en chute libre, 9 millions de personnes ont perdu leur emploi. On savait qu'on devait agir pour la classe moyenne, c'est ce que nous avons fait, nous avons réduit les impôts pour la classe moyenne et nous avons sauvé General Motors. (...) Nous ne pouvons pas nous permettre (de réduire les impôts) pour les gens qui gagnent plus d'un million de dollars. Ils n'en n'ont pas besoin. La classe moyenne en a besoin".

- RYAN: "Ils ont hérité d'une situation difficile mais nous allons dans la mauvaise direction. L'économie boîte. (...) Ce n'est pas ce à quoi une vraie reprise ressemble. (...) Quand Barack Obama a été élu, son parti contrôlait tout. Ils avaient le pouvoir de faire tout ce qu'ils voulaient et regardez où nous en sommes".



AVORTEMENT:

- RYAN: "Je crois que la vie commence dès la conception, c'est pour cela que je suis contre l'avortement. Je comprends que c'est un sujet difficile et je respecte les gens qui ne sont pas d'accord avec moi sur ce point. Mais la politique d'une administration Romney sera d'interdire l'avortement sauf en cas de viol, d'inceste ou lorsque la vie de la mère est en danger".

- BIDEN: "Je suppose qu'il accepte la position du gouverneur Romney maintenant. Par le passé, il faisait la différence entre un viol et un viol forcé, et il affirmait qu'en cas de viol ou d'inceste ce serait un crime d'avoir recours à un avortement. Je suis fondamentalement en désaccord avec vous mon ami."