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Les autorités libyennes veulent dissoudre les milices armées

Des soldats libyens devant le camp retranché d'une milice islamiste, samedi à Benghazi.   [Mohammad Hannon
 - Keystone]
Des soldats libyens devant le camp retranché d'une milice islamiste, samedi à Benghazi. [Mohammad Hannon - Keystone]
Les milices et groupes armés qui ne relèvent pas de l'autorité de l'Etat doivent être dissous en Libye. Les autorités ont pris cette décision samedi soir, après la révolte d'habitants de Benghazi contre des milices islamistes qui a fait onze morts et des dizaines de blessés vendredi.

Les autorités libyennes ont annoncé dans la nuit de samedi à dimanche avoir décidé de dissoudre toutes les milices et groupes armés ne relevant pas de l'autorité de l'Etat, au lendemain de la sanglante rébellion des habitants de Benghazi contre des miliciens islamistes. (Lire: Les habitants de Benghazi se rebellent contre les milices).

L'armée a fixé un ultimatum de 48 heures aux milices pour évacuer les bâtiments publics et les propriétés des membres de l'ancien régime dans la capitale et ses environs.

Les autorités ont aussi décidé la mise en place d'un "centre opérationnel" à Benghazi, regroupant l'armée, les forces du ministère de l'Intérieur et les brigades d'ex-rebelles qui dépendent du ministère de la Défense.

Miliciens délogés de force

Vendredi, des dizaines de milliers de Libyens avaient manifesté contre la présence de groupes armés à Benghazi. 

Par la suite, des centaines d'entre eux avaient pris d'assaut des quartiers généraux et des bases de ces milices, délogeant certaines d'entre elles, au terme de violences ayant fait 11 morts et des dizaines de blessés.

Après ces événements, deux milices islamistes à Derna, à l'est de Benghazi, ont d'ailleurs annoncé leur dissolution et décidé d'évacuer les installations publiques qu'elles occupaient à la demande de la population locale.

afp/pym

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Milice déjà regrettée dans un hôpital

Après l'annonce des autorités libyennes, des voix s'élèvent déjà pour regretter le travail effectué dans un hôpital de Benghazi par la milice salafiste Ansar al-Charia que les autorités américaines et libyennes accusent d'être à l'origine de l'attaque contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi qui avait causé la mort de l'ambassadeur américain.

D'après un médecin, Abdoulmonin Salim, il était quasiment impossible de travailler à l'hôpital al Djalaa avant que les combattants d'Ansar al-Charia ne viennent en assurer la sécurité il y a six semaines. Ces miliciens semblaient savoir comment calmer la colère des familles et éviter les querelles.

Le lieu est désormais gardé par une unité de la police militaire libyenne, mais, pour le docteur Salim, le gouvernement doit maintenant s'impliquer davantage. Il attend de sa part un service de sécurité professionnel qu'il n'a jamais été capable de lui fournir par le passé.

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