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Nicolas Sarkozy réfute tout financement de sa campagne 2007 par Tripoli

Nicolas Sarkozy a qualifié de "grotesque" les accusations de Mediapart. [AP Photo/Michel Euler]
Nicolas Sarkozy a qualifié de "grotesque" les accusations de Mediapart. - [AP Photo/Michel Euler]
Nicolas Sarkozy a riposté dimanche aux accusations sur un "accord" de la Libye au financement de sa campagne de 2007. "C'est une infamie et une honte", a répliqué le président français.

Nicolas Sarkozy a riposté dimanche aux accusations sur un "accord" de la Libye au financement de sa campagne de 2007, mentionné dans une note publiée par Mediapart dont l'authenticité a été mise en doute.

"C'est une infamie. Quand je pense qu'il y a des journalistes qui osent donner du crédit au fils Kadhafi et aux services secrets de Mouammar Kadhafi", a réagi le président sur Canal +. "C'est une honte qu'on me pose une question pareille", a ajouté Nicolas Sarkozy, qui avait qualifié de "grotesque" le 12 mars un éventuel financement de sa campagne de 2007 par Mouammar Kadhafi. La veille, le camp socialiste avait demandé au président de "s'expliquer" et demandé l'ouverture d'une enquête ainsi que la nomination d'un juge indépendant.

Authenticité mise en doute

Le Premier ministre François Fillon a mis en doute l'authenticité de la note citée par Mediapart, attribuée à Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye, aujourd'hui en exil, qui fait état d'un "accord de principe" de Tripoli pour financer à hauteur de "50 millions d'euros" la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Ce document ne précise pas si un tel financement a effectivement eu lieu. En mars 2011, le fils de Mouammar Kadhafi Saïf al Islam avait affirmé à la chaîne Euronews que la Libye avait financé la campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2007.

Parlant d'un "document faux, en tout cas impossible à authentifier", François Fillon a dénoncé des "boules puantes" et s'en est pris à Mediapart, qualifiée d'"officine financée par de riches amis de François Hollande". Le fondateur de Mediapart Edwy Plenel a répliqué que le site d'informations "n'est pas une officine mais un journal animé par des journalistes professionnels" dont les actionnaires majoritaires "sont ses journalistes fondateurs".

Le site affirme que la note a été adressée le 10 décembre 2006 à Bachir Saleh, ex-président du Fonds libyen des investissements africains et ex-directeur de cabinet de Kadhafi, qui se trouve aujourd'hui en France, selon son avocat Me Pierre Haïk. Le Canard Enchaîné avait affirmé début avril que Bachir Saleh, recherché par Interpol, a obtenu un titre de séjour en France "au nom du regroupement familial". Bachir Saleh a émis "les plus expresses réserves sur l'authenticité" de cette note dont il dit "n'avoir été jamais destinataire", dans une déclaration transmise à l'AFP. Il dément aussi avoir participé à la réunion évoquée dans la note au cours de laquelle un accord aurait été conclu.

afp/cab

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Dans la dernière ligne droite de la présidentielle

Les accusations de financement libyen interviennent alors que Nicolas Sarkozy et François Hollande ont entamé dimanche le sprint final avant le vote du 6 mai par deux gros meetings, à Paris pour le socialiste, à Toulouse pour le candidat de la droite.

Mais le temps fort de la semaine sera le débat télévisé de mercredi, première confrontation directe entre les deux hommes depuis 2005.

"Si l'on en juge par le ton et le fond de la campagne, alors le débat sera rugueux. J'y suis prêt", a prévenu François Hollande. Le candidat de la gauche veut pointer "les contradictions et les incohérences du candidat sortant".

"Il va falloir que François Hollande fasse ce qu'il déteste: être franc", a lancé le chef de l'Etat, en position de challenger face à son rival constamment donné vainqueur dans les sondages pour devenir le septième président de la Ve République avec 54% à 55% des intentions de vote.

Le ton s'est durci ces derniers jours entre les deux candidats. Le score historique de l'extrême droite au premier tour, avec presque 18% des suffrages, a conduit M. Sarkozy à s'aligner sur plusieurs propositions de Marine Le Pen, chef de file du Front national.