Modifié le 11 janvier 2012 à 21:00

Nucléaire iranien: un scientifique tué à Téhéran

L'explosion a été provoquée par une bombe magnétique placée sous cette voiture.
L'explosion a été provoquée par une bombe magnétique placée sur cette voiture. [SAJAD SAFARI - ]
Un scientifique iranien travaillant dans le site d'enrichissement de Natanz (centre), a été tué mercredi matin dans un attentat à Téhéran, a rapporté l'agence de presse Mehr. Les dirigeants iraniens accusent Israël.

"L'ingénieur Mostafa Ahmadi Roshan, qui a obtenu il y a neuf ans une licence en chimie à l'université Sharif, était le vice-directeur pour les affaires commerciales du site de Natanz", a précisé l'agence.


Natanz est le principal site d'enrichissement de l'Iran et compte plus de 8000 centrifugeuses. L'université Sharif de Téhéran est la plus réputée université scientifique du pays.


Une bombe magnétique

Ahmadi Roshan a été tué lors de l'explosion d'une bombe magnétique placée sur une voiture à bord de laquelle il se trouvait en compagnie de deux autres passagers, selon les médias iraniens.


"Ce matin, un motard a collé une bombe à une Peugeot 405 qui a ensuite explosé", a déclaré le vice-gouverneur de la province de Téhéran, Safar Ali Bratloo, cité par l'agencve ILNA.


Roshan a été tué et deux autres passagers ont été blessés et transportés dans un hôpital, selon ce responsable. Selon l'agence Fars, citant un de ses collègues, Ahmadi Roshan travaillait sur un projet de membranes polymères utilisées pour la séparation de gaz.


Trois spécialistes tués en un an

Trois autres scientifiques iraniens ont été tués depuis janvier 2010, dont deux travaillaient pour le programme nucléaire du pays. Les trois ont été tués par l'explosion de bombes.


L'actuel chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Fereydoun Abbasi, a également été visé par un attentat similaire en 2010 auquel il a échappé. Il avait eu le réflexe de quitter sa voiture après qu'un homme en moto a collé une bombe contre la portière de sa voiture.


Téhéran accuse Israël

Les dirigeants iraniens accusent Israël et les Etats-Unis d'être responsables de ces attentats, ainsi que d'une attaque informatique par le virus Stuxnet qui semble avoir notamment perturbé l'activité d'enrichissement d'uranium de l'Iran à l'automne 2010.


L'Iran est sous le coup de six condamnations du Conseil de sécurité de l'ONU et de sévères sanctions internationales en raison de son programme nucléaire, dont les grandes puissances redoutent qu'il n'ait un objectif militaire en dépit des dénégations répétées de Téhéran.


afp/jzim


Publié le 11 janvier 2012 à 10:33 - Modifié le 11 janvier 2012 à 21:00