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La Ligue arabe veut rester en Syrie

Cette photo fournie par l'agence officielle montre les observateurs de la Ligue arabe dans un quartier calme. [SANA]
Cette photo fournie par l'agence officielle SANA montre les observateurs de la Ligue arabe en visite à Deraa. - [SANA]
Un responsable de la Ligue arabe a affirmé samedi que l'organisation panarabe n'envisageait pas de retirer les observateurs arabes chargés d'évaluer la situation en Syrie, où le régime tente d'étouffer dans le sang la contestation. Sur le terrain, plus de 20 personnes sont mortes samedi.

"Aucun projet de retrait des observateurs n'est à l'ordre du jour de la réunion du comité ministériel arabe sur la Syrie", a déclaré le secrétaire général adjoint de la Ligue Adnan Issa, alors que de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer l'échec de la mission arabe.

"Nous ne parlons pas de retrait mais du renforcement de cette mission", a encore dit Adna Issa, précisant que le nombre des observateurs actuellement en Syrie s'élevait à 153, auquel s'ajouteraient 10 autres attendus samedi en provenance de Jordanie. "Les pays arabes veulent que les observateurs poursuivent leur mission et que celle-ci soit renforcée sur le plan logistique", a également déclaré le responsable arabe.

Le Qatar moins patient

Le Premier ministre qatari, le cheikh Hamad ben Djassim al Thani, qui dirige la commission de la Ligue arabe sur la Syrie, a toutefois déclaré sur la chaîne Al Jazira qu'il ne servait à rien de rester "perdre son temps" en Syrie dans la mesure où Damas ne respectait pas ses engagements.

Cette photo transmise par l'agence officielle SANA montre les cercueils des victimes transportés dans une mosquée de Damas. [SANA]
Cette photo transmise par l'agence officielle SANA montre les cercueils des victimes transportés dans une mosquée de Damas. [SANA]

L'équipe d'observateurs de la Ligue arabe se trouve en Syrie depuis le 26 décembre pour déterminer si le régime du président Bachar al-Assad respecte ses engagements dans le plan de sortie de crise, notamment l'arrêt des violences, la libération des manifestants arrêtés, le retrait de l'armée des villes.

Mais de nombreuses voix se sont élevées, en particulier dans l'opposition syrienne, pour dénoncer l'échec de cette mission et réclamer que la Ligue arabe transfère le dossier au Conseil de sécurité de l'ONU, après plus de neuf mois de violences qui ont fait au moins 5000 morts selon une estimation de l'ONU.

Dimanche, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se pencheront notamment sur le rapport préliminaire des observateurs et sur les mesures envisagées pour leur permettre d'opérer plus indépendamment des autorités syriennes.

Funérailles officielles

Par ailleurs les autorités syriennes ont organisé samedi des funérailles officielles et populaires pour les 26 victimes de l'attentat suicide perpétré vendredi à Damas. Ces funérailles ont été retransmises en direct sur la télévision d'Etat. Des milliers de Syriens arboraient des drapeaux et des portraits du président Bachar al-Assad.

Cet attentat suicide, survenu deux semaines après une attaque similaire, a été imputé par les autorités à des "terroristes", tandis que des opposants l'ont attribué au régime. "Le terrorisme s'extirpe et ne se soigne pas, son éradication est devenue inévitable", affirme pour sa part le quotidien officiel as-Saoura, qui pointe un doigt accusateur vers les islamistes.

Dans un communiqué, le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité de l'opposition, a accusé le régime de chercher à "créer le chaos et à détourner l'attention de ses crimes de meurtre et de torture", lui faisant porter "l'entière responsabilité de l'attentat".

ats/vkiss

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Au moins 21 morts samedi

Samedi encore, vingt et un civils ont été tués dans de nouvelles violences samedi, 17 par les forces de sécurité et quatre par une roquette visant des partisans du président Bachar al-Assad, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Vendredi, 20 civils et trois déserteurs de l'armée ont également été abattus, indiquait-on de même source.