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Vague verte lors des municipales en France, Hidalgo et Philippe réélus

L'écologiste Grégory Doucet se'empare de la mairie de Lyon. [Jeff Pachoud - AFP]
Les Verts enregistrent des résultats historiques aux municipales en France / La Matinale / 1 min. / le 29 juin 2020
Le second tour des municipales françaises de dimanche a été marqué par une forte poussée écologiste dans plusieurs grandes villes et la prise de Perpignan par l'extrême droite. La socialiste Anne Hidalgo a été réélue à Paris et le Premier ministre Edouard Philippe au Havre.

De Lyon à Strasbourg en passant par Bordeaux, les grandes villes se sont donc parées de vert dimanche soir, à l'issue d'un second tour qui a confirmé, et même amplifié, les espoirs des écologistes nés lors du 1er tour le 15 mars.

Les Verts ont même fait coup double à Lyon: Bruno Bernard s'y est adjugé la métropole, siège du véritable pouvoir, et Grégory Doucet la ville.

La situation est plus confuse à Marseille où la candidate écologiste Michèle Rubirola, à la tête d'une coalition de gauche, a revendiqué une "victoire relative", estimant que "la droite n'est plus en mesure de gouverner" la ville. Mais la candidate de droite Martine Vassal a refusé de reconnaître sa défaite, assurant qu'il n'y avait à ce stade "pas de majorité à Marseille".

A Lille en revanche, la maire sortante, la socialiste Martine Aubry, a fini par l'emporter d'un cheveu face au candidat vert.

D'autres grandes villes - Besançon, Tours, Poitiers, Annecy - sont tombées dans l'escarcelle des Verts, qui ont longtemps servi de force d'appoint mais s'affirment comme les premiers à gauche avant les prochaines échéances électorales. A Grenoble, l'écologiste Eric Piolle, à la tête d'une large coalition de gauche, a annoncé sa réélection avec plus de 50% des voix.

"La pandémie a accru la sensibilité écologique"

"C'est une percée qu'on pouvait deviner déjà au moment des élections européennes il y a quelques mois", relève l'historien Jean Garrigues lundi dans La Matinale.

"Elle se vérifie partout, et notamment dans l'électorat des jeunes. C'est quelque chose qui, culturellement et sociologiquement, est très important", poursuit celui qui est aussi président du Comité d'histoire parlementaire et politique en France.

"Et on peut penser que ce qui s'est passé avec la pandémie a accru cette sensibilité aux questions écologiques. Cela explique que la France rejoigne un peu ce qui s'était passé en Suisse, mais aussi en Allemagne".

>> L'interview de Jean Garrigues dans La Matinale:

Records d’abstention au second tour des municipales en France: interview de Jean Garrigues (vidéo) [RTS]
Records d’abstention au second tour des municipales en France: interview de Jean Garrigues (vidéo) / La Matinale / 9 min. / le 29 juin 2020

"Vous avez choisi un Paris qui respire"

A Paris, où l'incertitude était faible, la sortante Anne Hidalgo (PS) alliée aux écologistes, a largement devancé ses concurrentes, la candidate de droite Rachida Dati et l'ancienne ministre de la santé Agnès Buzyn. Anne Hidalgo avait endossé un programme résolument écolo.

Vous avez choisi l'espoir, vous avez choisi le rassemblement", a lancé Anne Hidalgo après sa réélection, depuis le parvis de l'Hôtel de Ville. "Vous avez choisi un Paris qui respire, un Paris plus agréable à vivre, une ville plus solidaire qui ne laisse personne au bord du chemin (...) Cette victoire a du sens parce qu'elle est collective", a-t-elle poursuivi.

Anne Hidalgo a obtenu entre 49,3 et 50,2% des voix au second tour, selon trois instituts de sondage, devançant Rachida Dati (entre 31,7 et 32,7%) et Agnès Buzyn (entre 13,7 et 16% des voix).

Edouard Philippe renforcé à la tête du gouvernement?

Le Premier ministre Edouard Philippe sort lui aussi renforcé après sa confortable réélection dans son fief du Havre, avec près de 59% des voix. Fort de son succès, il pourrait être conforté dans son poste au gouvernement ou alors pâtir d'un hypothétique virage écologiste au sommet.

Selon une enquête Harris interactive pour TF1, LCI et RTL dimanche soir, une majorité de Français (55%) souhaite qu'il reste Premier ministre et ils sont 59% à vouloir des ministres écologistes dans le gouvernement en cas de remaniement.

Edouard Philippe doit rencontrer le président Macron ce lundi pour évoquer son avenir à la tête du gouvernement. Changement de Premier ministre, remaniement ministériel ou statu quo, aucune piste n'est exclue.

Perpignan: le Rassemblement national au pouvoir

Principal adversaire d'Emmanuel Macron au plan national, le Rassemblement national a remporté Perpignan. L'ex-compagnon de Marine Le Pen, Louis Aliot, redonne ainsi au parti le contrôle de sa première ville de plus de 100'000 habitants depuis 1995 et Toulon. Le parti a également remporté Bruay-la-Bussière (Pas-de-Calais) et Moissac (Tarn-et-Garonne).

"Ce n'est pas seulement d'ailleurs une victoire symbolique, c'est un vrai déclic, parce que nous allons aussi pouvoir démontrer que nous sommes capables de gérer de grandes collectivités", s'est réjouie Marine Le Pen.

Lille: Martine Aubry (PS) l'emporte sur le fil devant les Verts

La maire socialiste de Lille Martine Aubry l'a emporté d'une courte tête, en devançant "d'environ 200 voix" son concurrent écologiste Stéphane Baly, a annoncé son entourage.

Le suspense a duré une bonne partie du début de la soirée, les sondages donnant les deux candidats au coude à coude, largement devant la candidate macroniste Violette Spillebout.

Très affaiblis au plan national, le Parti socialiste et Les Républicains (droite "traditionnelle") comptaient sur ces élections pour se refaire une santé localement. Le PS a donc conservé Paris, Lille, Rennes, Nantes, Le Mans, Clermont-Ferrand, Dijon et a ravi Nancy, Montpellier et Saint-Denis, fief du parti communiste.

Les Républicains conservent Toulouse et Nice

Les Républicains ont quant à eux confirmé leur implantation en remportant dès le premier tour bon nombre des villes de plus de 9000 habitants qu'ils contrôlaient. Dimanche, ils ont conservé Toulouse et Nice.

Trois mois après un premier tour déjà bouleversé par la crise du coronavirus, ce second round a aussi été marqué par un taux de participation en berne, entre 40% et 41% selon les estimations, contre 62,1% en 2014.

RTSinfo avec les agences

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Emmanuel Macron doit passer à l'action

Cette déferlante verte devrait amener Emmanuel Macron à intervenir dès lundi matin en recevant à l'Elysée les membres de la Convention citoyenne sur le climat, à qui il entend apporter des "réponses fortes" et "à la hauteur des enjeux et des attentes", fait savoir l'Elysée.

Le chef de l'Etat devrait de manière générale préciser, dans les jours qui viennent, son intention affichée de "se réinventer" pour les deux dernières années de son mandat. Mais les résultats de dimanche rendent la thématique écologiste incontournable.

Cette séquence lancera en tout cas la dernière ligne droite du quinquennat du chef de l'Etat, qui doit s'achever en avril 2022.

Après ces municipales, un remaniement gouvernemental est à l'étude, là aussi avec beaucoup de questions, notamment sur l'opportunité ou non de changer de Premier ministre après la nette réélection d'Edouard Philippe au Havre.

Forte abstention

Trois mois après un premier tour déjà bouleversé par la crise du coronavirus, ce second round a encore été marqué par un taux de participation en berne, entre 40% et 41% selon les estimations, contre 62,1% en 2014.

Malgré des précautions sanitaires exceptionnelles (port du masque obligatoire dans les bureaux de vote, gel hydroalcoolique) et le reflux de l'épidémie, une large majorité des 16,5 millions d'électeurs appelés à voter dans 4820 communes ont boudé les isoloirs.

Le 15 mars déjà, moins d'un électeur sur deux - 44,3%, contre 63,5% en 2014 - s'était déplacé pour voter au 1er tour. De quoi susciter la "préoccupation" d'Emmanuel Macron, pour qui cette abstention n'est "pas une très bonne nouvelle", selon l'Elysée