Modifié le 17 décembre 2019 à 16:30

La Chine monte en puissance en inaugurant son second porte-avions

La Chine monte en puissance avec un second porte-avions.
La Chine monte en puissance avec un second porte-avions L'actu en vidéo / 1 min. / le 17 décembre 2019
C'est un nouveau symbole de sa montée en puissance: la Chine a admis mardi au service actif son deuxième porte-avions, le premier de conception 100% nationale, dans un contexte de rivalité avec les Etats-Unis en Asie-Pacifique.

L'intégration aux forces navales du bâtiment, nommé "Shandong", a été acté lors d'une cérémonie dans une base navale de l'île de Hainan (sud), en présence du président Xi Jinping, qui a inspecté la garde d'honneur sur le pont du navire.

Quelque 5000 membres de la marine en uniforme et des ouvriers ayant participé à la construction ont chanté l'hymne national face au drapeau chinois.

Xi Jinping a posé pour une photo avec les militaires et les civils présents dans ce port de la ville côtière de Sanya, les appelant à "apporter de nouvelles contributions au Parti communiste et au peuple" chinois.

Un seul modèle soviétique jusqu'à présent

La Chine disposait jusqu'à présent d'un seul porte-avions opérationnel: le Liaoning. Construit par l'ex-URSS et racheté à l'Ukraine, il avait été admis au service actif en 2012.

Le second porte-avions, mis à flot en 2017 et en phase de test depuis, est à propulsion classique (non nucléaire) et peut embarquer une quarantaine d'avions, selon des experts. Un troisième porte-avions est également en cours de construction.

L'armée chinoise poursuit ainsi sa montée en puissance et est considérée comme la deuxième force militaire mondiale derrière les Etats-Unis. Ces derniers disposent toutefois d'un budget de la Défense environ trois fois supérieur.

Pour protéger des intérêts commerciaux et énergétiques

Avec ce nouveau porte-avions, la Chine veut être en mesure d'afficher une présence très visible, puissante et durable", note James Goldrick, expert des forces navales en Asie-Pacifique à l'Université nationale australienne.

"Elle veut pouvoir protéger ses navires de marchandises, en particulier ses approvisionnements énergétiques vitaux en provenance du Moyen-Orient" et "intervenir pour protéger ses ressortissants et ses intérêts dans les Etats en déliquescence".

Tensions en mer de Chine méridionale

La mise en service du Shandong intervient également à l'heure où Pékin affirme avec davantage de fermeté depuis ces dernières années ses prétentions territoriales en mer de Chine méridionale.

Arguant d'une présence plus ancienne dans la zone, le géant asiatique dispute à d'autres pays (Vietnam, Philippines, Malaisie, Bruneï) des îles et d'îlots, chaque nation en contrôlant plusieurs.

Pour contrecarrer les ambitions de Pékin, les Etats-Unis envoient régulièrement croiser des navires de guerre en mer de Chine méridionale, mais aussi au large de Taïwan, au nom de la "liberté de navigation". Des initiatives que la Chine dénonce comme des provocations.

La question de Taïwan

"Il peut aussi s'avérer utile si la Chine décide un jour d'utiliser la force contre Taïwan", juge Steve Tsang, spécialiste de la défense chinoise à l'Université de Londres.

Territoire chinois non conquis par les communistes à l'issue de la guerre civile contre les nationalistes (1927-1949), l'île de Taïwan, peuplée d'environ 23 millions d'habitants, est séparée politiquement de la Chine continentale depuis 70 ans.

Si Pékin privilégie une solution politique, il refuse d'exclure l'usage de la force pour récupérer l'île.

afp/ther

Publié le 17 décembre 2019 à 16:18 - Modifié le 17 décembre 2019 à 16:30

Loin derrière les Etats-Unis

Avec deux porte-avions désormais en service, la Chine reste très loin derrière les Etats-Unis (11), mais dépasse la Russie (1), la France (1), l'Inde (1) et le Royaume-Uni (1), selon un décompte de Nick Childs, spécialiste des forces navales au centre de réflexion britannique International Institute for Strategic Studies.

Plusieurs défis attendent toutefois la marine chinoise: former suffisamment de pilotes capables de décoller et d'atterrir sur ces navires, et édifier des groupes de combat naval autour de ces géants des mers.

Des techniques ardues, souligne Steve Tsang: "Il faudra probablement encore au moins 10 ans avant que des porte-avions chinois soient prêts à être déployés au combat de manière aussi efficace que l'US Navy".