Modifié le 02 octobre 2019 à 18:35

La "marche de la colère" des policiers rassemble 22'000 personnes à Paris

Une manifestation pour rendre hommage aussi à leurs collègues qui se sont donnés la mort
Une manifestation pour rendre hommage aussi à leurs collègues qui se sont donnés la mort Le Journal horaire / 21 sec. / le 02 octobre 2019
Des milliers de policiers ont défilé mercredi à Paris pour une "marche de la colère" pour dénoncer leurs conditions de travail. 22'000 personnes y ont participé, en réponse à l'appel d'une large union syndicale.

Une "marche de la colère" des policiers français sur fond de malaise de l'institution, de hausse des suicides et de réforme des retraites.

Les organisations syndicales ont réussi l'union sacrée tous corps et tous grades confondus. C'est la plus grande mobilisation du genre depuis près de 20 ans. Quelque 22'000 personnes sont venues manifester, sur les 150'000 policiers que compte la France. De mémoire de syndicalistes policiers, on n'avait pas vu un tel appel unitaire depuis 2001.

Le cortège est parti de la place de la Bastille pour rejoindre la place de la République, au centre de la capitale.

Un profond "ras-le-bol"

"Il y a un ras-le-bol profond", a expliqué David Le Bars, secrétaire général d'un syndicat de commissaires. "Tous les syndicats ont conscience que la police est malade."

"52 suicides depuis le début de l'année, c'est dramatique et ça montre tout le malaise dans la profession. Il y en marre de la stigmatisation des policiers", a dit Philippe Capon, secrétaire général d'UNSA police.

Les manifestations des "gilets jaunes", qui ont parfois dégénéré en violents affrontements et en scènes d'émeutes, ont également ranimé les polémiques sur le maintien de l'ordre, alimentées par les images de manifestants blessés.

"Il y a aujourd'hui des éléments qui s'ajoutent les uns aux autres même s'ils ne sont pas de même nature: après la vague d'attentats terroristes, les forces de l'ordre ont dû faire face avec les gilets jaunes à une mobilisation dans la durée, avec des conditions d'intervention très difficiles. Il y a également la question des suicides qui ressurgit, mais aussi les relations détériorées avec la population", a expliqué Jacques Maillard, qui codirige un centre de recherches sur le droit et les institutions pénales.

5 revendications

Cinq points sont au coeur des revendications : la qualité de vie au travail, une véritable politique sociale pour les agents du ministère de l'Intérieur, une réponse pénale "réelle, efficace et dissuasive", la future loi d'orientation et de programmation et les retraites.

Les policiers sont ainsi inquiets des projets de réforme des retraites, craignant une remise en cause de leur avantageux système de bonifications.

afp/ddup

Publié le 02 octobre 2019 à 16:57 - Modifié le 02 octobre 2019 à 18:35