Modifié le 15 août 2019 à 21:56

Le CICR célèbre les 70 ans des Conventions de Genève

Le drapeau du CICR, à Genève.
Le drapeau du CICR, à Genève. [Martial Trezzini - Keystone]
Le 12 août 1949 étaient signées les Conventions de Genève, quatre traités qui constituent la base du droit international humanitaire. Septante ans après, dans quelle mesure ces accords sont-ils respectés ?

Ces quatre textes et quelque 400 articles pilotés par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et dont la Suisse est dépositaire exigent notamment un traitement adapté d'un combattant désarmé, détenu, blessé ou malade mais aussi des civils.

Ils interdisent aussi aux acteurs d'un conflit de prendre pour cibles des infrastructures comme des centres de santé ou d'éducation. La torture, qu'elle soit physique ou mentale, et certaines armes sont entre autres interdites.

Centenaire de la signature de la Convention de Genève de 1864.
Carrefour - Publié le 24 août 2014

Un cadre de référence essentiel et une portée universelle, même si l'application effective des Conventions de Genève sera régulièrement remise en question. En 1999, l'ancien directeur du CICR Jean Pictet se disait alors "atterré de voir que les Conventions sont ignorées et même foulées au pied sous le flot montant de la néo-barbarie, qui déshonore notre civilisation."

"Les Conventions de Genève fonctionnent"

Avec 196 Etats signataires, les Conventions de Genève ont la spécificité de figurer parmi les accords internationaux universellement ratifiés. En visant civils et travailleurs humanitaires pendant les conflits, de nombreux pays ne respectent pourtant pas les droits fondamentaux établis il y a 70 ans. L'an dernier, le CICR a perdu plus de trois employés, tués sur le terrain.

"Mes collègues font face tous les jours à des violations du droit humanitaire international, avec des conséquences insoutenables pour les populations civiles", explique dans le 19h30 Robert Mardini, chef de la délégation du CICR à l'ONU. "Mais ils voient aussi tous les jours des instances où les Conventions de Genève fonctionnent et sauvent des vies: à chaque fois qu'un convoi franchit des lignes de front après de longues négociations, que du matériel médical est acheminé ou que des familles séparées par le conflit sont réunies. Ces moments sont forts, mais moins médiatisés."

Conflits plus complexes

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les affrontements, internes ou interétatiques, se sont encore complexifiés. "Le CICR a malheureusement dû augmenter en taille, en effectifs et en budget de 70% environ depuis 2011", ajoute l'ancien chef des opérations de l'organisme au Moyen-Orient. 

"La durée moyenne des conflits est de 35 ans", souligne-t-il. "Aussi à cause de solutions politiques de plus en plus rares. Il y a également fragmentation, avec parfois plusieurs centaines de groupes armés qui opèrent dans le même pays. Tout cela rend le travail plus compliqué [...] mais il reste possible et il faut promouvoir un narratif positif des Conventions de Genève."

>> L'interview intégrale de Robert Mardini dans le 19h30:

Les Conventions de Genève ont 70 ans: les précisions de Robert Mardini, chef délégation du CICR auprès de l'ONU
19h30 - Publié le 12 août 2019

cv/ani avec l'ats

Publié le 12 août 2019 à 21:19 - Modifié le 15 août 2019 à 21:56