Modifié le 18 mai 2019 à 20:35

Matteo Salvini réunit les souverainistes sur fond de scandale autrichien

Erwan Lecoeur.
Les partis européens d'extrême droite se réunissent à Milan: Interview d'Erwan Lecoeur Forum / 9 min. / le 18 mai 2019
Le chef de la Ligue italienne Matteo Salvini a réuni samedi dans son fief de Milan le camp nationaliste européen à une semaine des élections continentales. Une grand messe entachée par un scandale touchant son allié autrichien.

Cette réunion emmenée par Matteo Salvini et sa principale alliée Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (RN) en France, a immédiatement été éclipsée par un couac avec leur partenaire autrichien, le FPÖ.

Heinz-Christian Strache, le chef du FPÖ, extrême-droite, a démissionné de son poste de vice-chancelier après avoir été mis en cause pour tentative de collusion avec la pseudo-nièce d'un oligarque russe.

>> Lire: Le vice-chancelier autrichien démissionne après une vidéo polémique

L'eurodéputé Harald Vilimsky, tête de liste du FPÖ pour les européennes, qui a du coup annulé sa venue, sera remplacé par l'eurodéputé Georg Mayer. Les deux ténors italien et français n'ont pas commenté directement ce couac autrichien.

Alliance de douze partis

Les deux ténors de la droite souverainiste entendent souder l'alliance de douze partis nationalistes et identitaires, dont les positions divergent pourtant sur de nombreux points, comme la discipline budgétaire ou la répartition des migrants déjà présents dans l'UE.

>> Lire: Matteo Salvini veut une union des souverainistes pour les européennes

Leur objectif est de faire du groupe Europe des nations et des libertés (ENL), où siègent déjà la Ligue, le RN, le FPÖ autrichien ou le Vlaams Belang flamand, la troisième force du Parlement européen, une place que convoitent aussi les libéraux de l'ALDE, où pourraient siéger les élus français rangés derrière le président Emmanuel Macron.

"Reprendre les clés de notre maison"

Marine Le Pen a profité d'une conférence de presse pour éreinter à nouveau le président français, qualifié d'"enfant roi", et le camp libéral de l'ALDE responsable, selon elle, d'avoir encouragé l'"immigration massive".

"Donnez-nous un coup de main pour devenir le premier parti en Europe, pour reprendre les clés de notre maison, a de son côté déclaré Matteo Salvini. Les élections européennes sont un référendum entre la vie et la mort, entre le passé et l'avenir, entre une Europe libre et un Etat islamique basé sur la peur", a-t-il lancé, qualifiant par avance les abstentionnistes de "complices des Merkel, Macron et Soros".

afp/sjaq

Publié le 18 mai 2019 à 15:57 - Modifié le 18 mai 2019 à 20:35

Viktor Orban absent

Le Premier ministre national-conservateur hongrois Viktor Orban ne s'est pas déplacé à Milan.

Il a promis à Matteo Salvini d'engager une "coopération" après les élections, mais il refuse toute alliance avec Marine Le Pen.