Modifié le 19 avril 2019 à 09:27

Une cathédrale de bois "éphémère" envisagée sur le parvis de Notre-Dame

Le parvis de Notre-Dame, où des pompiers finissent de s'affairer après l'incendie qui a ravagé la cathédrale le 16 avril 2019.
Une cathédrale éphémère en bois sera élevée à Paris Le 12h30 / 1 min. / le 18 avril 2019
Une cathédrale de bois "éphémère" pourrait être élevée sur le parvis de Notre-Dame, en partie détruite par les flammes, le temps des travaux de reconstruction, ont fait savoir jeudi le recteur de Notre-Dame et le ministre de la Culture Franck Riester.

"Il ne faut pas qu'on dise 'la cathédrale est fermée pendant 5 ans et c'est fini'", a expliqué Mgr Patrick Chauvet interrogé sur CNews. "Donc je me suis dit: 'est-ce que sur le parvis je ne peux pas construire une cathédrale éphémère?'"

"Je veux un lieu qui soit beau", a-t-il ajouté, "un lieu un peu symbolique, un peu attirant". La maire de Paris Anne Hidalgo a encouragé le projet et accepté de prêter "une partie du parvis" pour la construction de cette église "en bois", a affirmé le recteur.

>> Ecouter aussi les explications dans Forum de Didier Arino, directeur du cabinet spécialisé Protourisme, sur les répercussions de l'incendie de Notre-Dame de Paris sur le tourisme:

Didier Arino, directeur du cabinet spécialisé Protourisme.
DR - Protourisme.com
Forum - Publié le 18 avril 2019
 

"Encore en discussion"

"La décision n'est pas formellement prise", a tempéré sur RMC le ministre de la Culture, Franck Riester. "Cathédrale éphémère, lieu d'accueil, lieu qui permette aux fidèles de pouvoir prier... tout ça est en discussion, en préparation".

Mgr Chauvet souhaite un "lieu d'accueil où il y aura des prêtres pour pouvoir parler" qui servira aussi à accueillir les "curieux" et les cohortes de touristes qui visitaient chaque année Notre-Dame. Ils étaient 12 millions en 2017.

Pour Franck Riester, si la décision n'est pas formellement prise, "tout le monde a envie de faire en sorte que chaque Française, chaque Français, chaque Européen, chaque habitant du monde, ait la possibilité de retrouver d'une manière ou d'une autre Notre-Dame le temps des travaux", qui doivent prendre cinq années, selon les promesses d'Emmanuel Macron mardi soir.

>> Lire aussi: Le gouvernement français lance une souscription pour Notre-Dame

Cérémonie en hommage aux pompiers

Victime d'un incendie lundi soir, la cathédrale Notre-Dame de Paris, bâtiment le plus visité d'Europe, a été partiellement détruite, la flèche qui la surplombait ainsi qu'une grande partie de son toit s'effondrant sous les flammes.

L'installation de sa remplaçante provisoire aura lieu "rapidement", a précisé le recteur. Dès qu'"on pourra avoir accès" au parvis, encore fermé. L'enquête, ouverte lundi soir par le parquet de Paris pour "destruction involontaire par incendie", est toujours en cours.

Une cérémonie pour rendre hommage aux pompiers et à toutes les personnes mobilisées pour sauver la cathédrale est prévue jeudi sur le parvis de l’Hôtel de Ville de la capitale.

>> Ecouter les précisions d'Ariane Hasler sur l'hommage rendu aux pompiers:

Le ministre français de l'intérieur rend hommage a celles et ceux qui ont sauvé Notre-Dame
Michel Euler - AP/Keystone
Forum - Publié le 18 avril 2019

afp/kkub

Publié le 18 avril 2019 à 11:44 - Modifié le 19 avril 2019 à 09:27

Flanquer Notre-Dame d'un lieu pour les démunis?

Interrogé par ailleurs sur les critiques que suscitent les sommes promises pour la reconstruction, le recteur de Notre-Dame Mgr Chauvet a dit réfléchir à la construction d'un "lieu pour les plus démunis", à l'image de ce que fut l'Hôtel-Dieu, l'hôpital qui borde la cathédrale, pour Notre-Dame, car "une cathédrale a un lieu de charité à coté" d'elle.

Il a également exprimé le souhait de faire travailler de jeunes compagnons à la reconstruction de la cathédrale, qui va "donner du travail à bon nombre de personnes qui n'en ont pas".

Trois points de fragilité dans la structure de l'édifice

Il reste "trois points de fragilité majeurs" dans la cathédrale Notre-Dame sur lesquels des travaux sont en cours, a indiqué Franck Riester.

Sur le pignon du transept nord (la nef transversale), "des travaux importants ont été réalisés cette nuit pour faire le frettage de la partie supérieure, une sorte d'étayage avec un dispositif en bois. Il menaçait de s'écrouler", a indiqué le ministre.

Pignon et chimères

Deuxième point sensible dans cet état des lieux: le pignon (partie haute) occidental, entre les deux beffrois. "Il est très fragilisé, il penche notamment parce que la statue de l'ange, en haut, est tellement brûlée qu'elle est fendue sur toute la hauteur", a expliqué Franck Riester.

"Une opération qui a lieu aujourd'hui vise, via un échafaudage qui va être installé, à sangler cet ange et le retirer", a poursuivi le ministre.

Troisième point problématique: l'angle du beffroi sud, "qui a été tellement chauffé, avec des pierres devenues totalement friables, qu'il y a un risque que les chimères s'effondrent". "Si elles s'effondrent elles pourraient mettre en danger les grands orgues qui ont pour l'instant été préservés", a souligné Franck Riester. "L'opération pour enlever les chimères est lancée."