Modifié le 15 avril 2019 à 12:29

Le Parti socialiste du gouvernement espagnol joue gros aux législatives

Des militants socialistes PSOE à Madrid.
L'Espagne en campagne électorale avant les législatives du 28 avril La Matinale / 3 min. / le 15 avril 2019
L'Espagne est en campagne électorale pour les élections législatives anticipées du 28 avril. Le Parti socialiste du gouvernement sortant joue gros. Il est pour l'heure en tête des sondages, mais le bloc de droite pourrait aussi remporter la mise.

Le Parti socialiste espagnol a lancé sa campagne le week-end dernier à Orcasitas, un quartier populaire du sud de Madrid, en présence de la vice-présidente du gouvernement, Carmen Calvo, accompagnée de deux ministres. Le président du gouvernement Pedro Sanchez s'est lui exprimé en Andalousie.

Parmi les militants madrilènes, la RTS a rencontré Maria José, 59 ans, qui a toujours voté socialiste depuis ses 18 ans. Mais pour elle, ces élections ne sont pas comme les autres. "Elles sont spéciales, car elles se déroulent à un moment critique et crucial. L'extrême-droite est en hausse, et cela me fait très peur. Car je pense que l'on peut revenir en arrière, non pas au siècle antérieur, mais au 19ème siècle", explique-t-elle.

La crainte d'une recentralisation des régions

Pour Pedro, 31 ans, ce qui est en jeu le 28 avril n’est rien de moins que deux modèles de société. "Je pense que l’on se trouve face à une inflexion: savoir si l'Espagne se consolide comme un pays d’avant garde en termes de droits sociaux ou si l’on recule et l’on perd toutes les avancées obtenues en 40 ans", analyse-t-il. Il évoque notamment les avancées "très importantes connue avec la décentralisation des régions".

En effet, le parti d'extrême-droite Vox, lui, veut mettre fin au système des régions et le parti populaire de droite ne rechignerait pas à une certaine recentralisation.

Polito, 29 ans, est originaire d’Andalousie, où Vox a permis un gouvernement régional de droite en décembre. "Malheureusement dans ce pays, beaucoup de monde vote souvent pour ce qui est nouveau car ils n’aiment pas ce qu'il y a. Mais ce saut dans le vide, on ne sait pas ce qui peut arriver après, si la piscine est remplie, ou si elle est vide et on se casse la tête", estime-t-il.

Une "lune de miel" avec les électeurs

Les socialistes ont donc décidé de mettre l’accent sur les questions sociales, s’éloignant des débats identitaires de la droite. Une stratégie qui pourrait fonctionner, selon le politologue Pablo Simon, de l’université Carlos III. "L'arrivée des socialistes au pouvoir en mai a permis une sorte de lune de miel, une espèce de sympathie parmi les électeurs de gauche qui avant ne se voyaient pas représentés. Et ils se sont montré enthousiastes par quelques mesures politiques de Pedro Sanchez", estime-t-il.

Il ajoute qu'il "existe encore des secteurs importants qui ont la sensation que les politiques les ont laissés derrière eux. Les questions économiques et sociales du pays peuvent donc connecter avec une partie du pays. Et cela expliquerait pourquoi le parti socialiste galope aujourd'hui en tête de tous les sondages".

A noter que la question de la Catalogne mobilise beaucoup, en particulier à droite: c'est même le moteur du vote vers l'extrême-droite. Mais les socialistes évitent de rentrer dans ce débat pour l'instant.

>> Ecouter l'interview de l'historien Benoît Pellistrandi sur les enjeux de la campagne, dans Forum vendredi:

Pedro Sanchez a convoqué des élections législatives anticipées en avril en Espagne.
EPA/Chema Moya - Keystone
Forum - Publié le 12 avril 2019

Valérie Demon/jvia

Publié le 15 avril 2019 à 12:01 - Modifié le 15 avril 2019 à 12:29