Modifié le 11 avril 2019 à 21:26

L'UE propose un report du Brexit au 31 octobre et Londres accepte

Brexit: le nouveau délai de Bruxelles -jusqu'au 31 octobre 2019- est assorti d'une condition.
Brexit: le nouveau délai de Bruxelles -jusqu'au 31 octobre 2019- est assorti d'une condition. 19h30 / 2 min. / le 11 avril 2019
Lors du sommet européen sur le Brexit qui s'est tenu mercredi soir à Bruxelles, l'Union européenne s'est accordée sur un nouveau report du Brexit, au 31 octobre. La Première ministre britannique, Theresa May, a accepté cette offre.

"Cela signifie six mois de plus pour que le Royaume-Uni trouve la meilleure solution possible", a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk. "Durant cette période, le Royaume-Uni aura aussi la possibilité (...) d'annuler la procédure du Brexit", a-t-il dit.

Ce nouveau report de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, qui était programmée vendredi soir, écarte dans l'immédiat la perspective d'un divorce sans accord.

Cela offre à la Première ministre britannique Theresa May un délai plus long qu'elle ne le demandait pour résoudre l'impasse actuelle à Londres sur l'accord de retrait. Elle a souligné que le délai accordé par l'UE ne signifiait pas que le Brexit n'aurait pas lieu avant le 31 octobre.

Cette date se situe juste avant la prise de fonction en novembre de la nouvelle Commission européenne. Un point d'étape est prévu en juin. Il interviendrait au cours d'un sommet européen régulier déjà programmé les 20 et 21 juin, a indiqué une source européenne.

"Consensus" salué

Une source française a salué ce "consensus", qui permet que "les institutions européennes puissent avancer et que le Brexit ait le moins d'effet sur leur fonctionnement". Emmanuel Macron a mené la charge contre l'hypothèse d'une extension longue. Le président français a qualifié la décision de l'UE de "meilleur compromis possible" et défendu sa position de fermeté.

Le ministre adjoint aux affaires étrangères allemand, Michael Roth, a écrit sur Twitter qu'une #flextension – une échéance flexible – "devrait être la plus courte possible". Ajoutant: "Toutes les options sont sur la table! Chers amis britanniques, prononcez-vous maintenant".

Malgré leur lassitude face aux tergiversations de Londres, où les députés ont par trois fois rejeté le traité de retrait négocié par Theresa May avec Bruxelles, les responsables européens s'étaient montrés disposés à donner plus de temps aux Britanniques.

>> Lire aussi: Brexit, histoire d'une impasse

agences /alp

Publié le 11 avril 2019 à 01:32 - Modifié le 11 avril 2019 à 21:26

"Que veulent les Britanniques? Un statut à la suisse? A la norvégienne? A la turque?"

Yves Bertoncini, président du Mouvement européen France, estime qu'il serait préférable que les Britanniques quittent l'Europe avant que la nouvelle Commission européenne entre en fonction au 1er novembre – elle sera élue en mai.

Il y aura alors une nouvelle feuille de route et des décisions importantes à prendre pour l'avenir de l'Union Européenne: "En choisissant la date du 31 octobre, cela permettait de faire droit à la demande des Britanniques, leur donner un petit délai complémentaire pour qu'ils arrivent enfin à trouver la sortie. Et puis, en même temps, de préserver les intérêts de l'UE et sa capacité à se projeter dans l'avenir une fois que les électeurs auront voté en mai."

"Ils ont donné leur dédit sur leur bail, mais n'ont pas trouvé où aller"

Répondant au micro de La Matinale de la RTS, ce consultant en affaires européennes, pense qu'il y a "une sorte de lassitude, sinon d'exaspération, de beaucoup d'Européens vis-à-vis des atermoiements britanniques". A la fois, les Britanniques "ne s'entendent pas sur la nouvelle maison qu'ils vont vouloir habiter: ils ont donné leur dédit sur leur bail, mais n'ont pas trouvé où aller et n'ont pas pris conscience que le déménagement allait être aussi coûteux".

>> Ecouter l'interview complète de l'invité de La Matinale – Yves Bertoncini, président du Mouvement européen France:

Dans un avenir plus lointain, Yves Bertoncini évoque un scénario possible: "Quand les Britanniques auront dessiné les plans de la nouvelle maison, ça va être quoi la relation future? Est-ce que ce sera un statut à la Suisse? Un statut à la norvégienne? A la turque? Peut-être qu'à ce moment-là, il sera utile et sage de leur redemander leur avis par référendum pour savoir s'ils veulent habiter cette nouvelle maison ou – pourquoi pas, finalement – revenir dans l'ancienne qui n'était pas si mal."

sjaq

Pas d'avancée dans les négociations entre Theresa May et le Labour

Les discussions entre le gouvernement conservateur de la Première ministre britannique Theresa May et l'opposition travailliste n'ont pour le moment pas permis d'avancer vers une issue à l'impasse actuelle sur le Brexit au Parlement, a déclaré mercredi soir un représentant du Labour.

Ces pourparlers entre le gouvernement de Theresa May et le Labour de Jeremy Corbyn ont débuté en milieu de semaine dernière à l'initiative de la Première ministre britannique.