Modifié le 02 novembre 2018 à 22:32

Le nombre de frontaliers en baisse pour la première fois depuis vingt ans

Pour la première fois depuis 20 ans, le nombre de travailleurs frontaliers est en baisse en Suisse.
Pour la première fois depuis 20 ans, le nombre de travailleurs frontaliers est en baisse en Suisse. 19h30 / 2 min. / le 02 novembre 2018
Pour la première fois depuis 1998, le nombre de travailleurs frontaliers a diminué au troisième trimestre par rapport à l'année précédente. La baisse la plus nette a été enregistrée au Tessin.

Quelque 312'000 personnes résidant à l'étranger travaillaient en Suisse à fin septembre 2018, selon les chiffres de l'Office fédéral de la statistique (OFS) publiés jeudi. C'est 0,8% de moins qu'en septembre 2017.

La dernière diminution (0,7%) avait été enregistrée au troisième trimestre 1998. Depuis lors, le nombre de travailleurs transfrontaliers avait augmenté régulièrement.

Moins de frontaliers au Tessin, davantage à Neuchâtel

Mais la tendance s'est inversée depuis le début de l'année au Tessin, ainsi qu'au nord-ouest de la Suisse (les deux Bâles et Argovie). Au troisième trimestre, le recul y a été respectivement de 4,1% et 2,4%.

Dans l'Arc lémanique, principale région transfrontalière avec plus d'un tiers des frontaliers du pays, les chiffres ont aussi baissé, quoique moins fortement (-1,7%).

En revanche, les chiffres ont crû dans l'Espace Mittelland, qui comprend notamment les cantons de Fribourg, du Jura et de Neuchâtel. Dans ce dernier canton, le nombre de frontaliers a même pour la première fois dépassé les 12'000.

Les raisons de la baisse

Pour le Secrétariat d'Etat aux migrations, la baisse du nombre de frontaliers s'explique en partie la bonne santé de l'économie des pays voisins et la baisse du chômage dans ces régions. "Il y a moins de pression sur les employés dans les zones frontalières, donc moins de frontaliers en Suisse", relève la porte-parole du SEM Emmanuelle Jaquet.

Ivan Slatkine, président de la Fédération des entreprises romandes, souligne également l'amélioration de la situation économique en Europe. Pour lui, ll s'agit aussi peut-être d'une conséquence de l'application de l'initiative sur l'immigration de masse.

La baisse du nombre de frontaliers "pourrait aussi s'expliquer par une prise de conscience, au niveau des entrepreneurs, de chercher d'abord (des employés) sur le marché local", explique Ivan Slatkine, tout en précisant qu'il est encore trop tôt pour confirmer cette hypothèse, la loi d'application étant entrée en vigueur le 1er juillet seulement.

ats/oang

Publié le 01 novembre 2018 à 15:45 - Modifié le 02 novembre 2018 à 22:32

Français plus nombreux, Italiens moins nombreux

Ce sont les frontaliers français qui sont les plus nombreux à travailler en Suisse. Ils étaient quelque 170'000 à fin septembre 2018, un chiffre en légère hausse sur un an (+0,5%).

Les frontaliers italiens étaient quant à eux moins nombreux (71'400 personnes) et leur nombre a le plus diminué en un an (-3,1%). Le nombre de frontaliers allemands a lui aussi reculé (60'400, -2,1%).

Genève va verser à la France sa compensation 2017

Le canton de Genève va verser à la France la compensation financière 2017 relative aux frontaliers, soit un total de 291 millions de francs. En 2016, ce montant s'élevait à 284 millions.

Le Conseil d'Etat a adressé un courrier en ce sens à l'ambassadrice de France en Suisse Anne Paugam. Le montant a été calculé sur la base des déclarations des employeurs.

La compensation financière genevoise permet aux collectivités locales françaises de l'Ain et de la Haute-Savoie de compenser les charges publiques induites par des habitants travaillant à Genève et payant leurs impôts dans le canton.