Modifié le 08 février 2016

Petra Gössi, une présidente souverainiste et conservatrice au PLR?

Petra Gössi.
Portrait de Petra Gössi, qui se profile comme future présidente du PLR Forum / 11 min. / le 08 février 2016
Seule candidate annoncée à la présidence du PLR, Petra Gössi présente un profil conservateur et peu ouvert à l'étranger. Selon smartvote, elle ne trouve pas justifié que les décisions de la Cour européenne des droits de l'Homme soient contraignantes pour la Suisse.

Cette position, qui sonne comme un soutien à l'initiative de l’UDC sur la primauté du droit suisse, surprend beaucoup de la part d’une libérale-radicale. Elle se marginalise d'ailleurs par rapport à ses collègues PLR – sur smartvote, même Christian Wasserfallen, à l’aile droite du parti ne partage pas ce point de vue. Et on se souvient que le président du PLR Philipp Müller avait fait de l'attachement aux droits de l'Homme une condition pour les candidats UDC au Conseil fédéral.

Actuellement à l'étranger, la conseillère nationale schwytzoise n'a pas réagi aux appels de la RTS et n'a donc pas commenté ce point particulier relevé dans son profil smartvote.

Des cours intensifs pour rafraîchir son français

Autre particularité de Petra Gössi: elle comprend, mais ne parle pas français et donne ses interviews uniquement en allemand. Elle disait toutefois récemment à la RTS son intention de suivre un cours intensif pour rafraîchir ses bases scolaires.

Ne pas s'exprimer du tout en français serait un handicap pour une présidente de parti, qui est amenée à débattre partout en Suisse, et un signal négatif pour la cohésion nationale, qui serait encore renforcé par la position de Petra Gössi sur les langues nationales: elle est contre l'apprentissage obligatoire d'une deuxième langue nationale à l'école primaire.

Engagée pour sa région

Depuis son entrée au Parlement en 2011, la conseillère nationale s'est surtout engagée pour protéger sa région sur le dossier de la péréquation financière. Elle voulait ainsi que les cantons les plus riches, comme Schwytz, diminuent leurs versements aux cantons à plus faible capacité financière et proposait même de placer les contributions de son canton sur un compte bloqué pour faire pression sur la Confédération.

Opposée au congé paternité, au soutien de la Confédération aux crèches et aux quotas féminins, Petra Gössi ne présente pas non plus l'image d'une féministe convaincue - elle n'est pas membre des femmes PLR suisses -  et s'aligne sur le même positionnement que ses collègues masculins les plus conservateurs sur ces questions.

Libérale sur les questions économiques et très conservatrice sur les thèmes de société, Petra Gössi se situe aussi dans la ligne de son parti pour les accords bilatéraux. Mais sur l'ouverture à l'étranger et la migration, elle est plus fermée, se montrant par exemple plutôt opposée à la naturalisation facilitée pour les étrangers de la troisième génération.

Discrète et peu communicative au Parlement

Constat récurrent à son propos: Petra Gössi est discrète et peu communicative au Parlement. "Elle ferait plutôt une bonne cheffe de groupe", dit l'une de ses collègues. Même la vice-présidente du PLR Isabelle Moret disait élégamment dimanche dans Forum : "Petra Gössi a une grande marge de progression".

Peu combattive également, Petra Gössi: elle ne voulait pas s'engager dans un duel avec Christian Wasserfallen. Elle nous disait vouloir attendre la décision du Bernois. Il s'est finalement retiré au lendemain de sa candidature à elle. Peut-être une astuce de communication pour que Petra Gössi n'apparaisse pas comme un second choix.

La réaction de Claude Ruey, ancien conseiller national et ex-président du Parti libéral suisse:

Forum
Forum - Publié le 08 février 2016

Alexandra Richard/jzim

Publié le 08 février 2016 - Modifié le 08 février 2016