Modifié le 19 juillet 2017

Une mutation génétique aggraverait les refroidissements chez les enfants

Dans le cadre de ces travaux, des services de pédiatrie hospitaliers ont étudié les cas d'enfants qui ont eu besoin de soins intensifs suite à une infection respiratoire sévère (bronchiolite par exemple).
Une mutation génétique augmente la sévérité des refroidissements chez les enfants Le 12h30 / 1 min. / le 18 juillet 2017
Une recherche menée en Suisse et en Australie a mis au jour des mutations génétiques susceptibles d'aggraver les refroidissements chez l'enfant. Les scientifiques évoquent une "épidémie silencieuse".

Si les refroidissements non liés à la grippe sont en général bénins, 2% de chaque génération d'enfants finit quand même à l'hôpital à la suite d'une infection virulente.

"Au niveau mondial, ces problèmes respiratoires provoquent 20% de la mortalité infantile", souligne Jacques Fellay, professeur à l'EPFL, dans un communiqué du Fonds national suisse (FNS).

Les scientifiques ont découvert une cause de ces complications: des mutations du gène IFIH1, qui participe à la reconnaissance de virus responsables du refroidissement.

Nouvelles cibles de prévention

Les chercheurs ont pu identifier les mécanismes qui, chez les enfants porteurs d'une mutation d'IFIH1, empêchent le système immunitaire de combattre efficacement l'infection.

Ces résultats pourraient offrir de nouvelles voies thérapeutiques et préventives. Ainsi, les parents d'un enfant porteur de la mutation pourraient décider de le garder à la maison lors d’une épidémie ou se rendre rapidement à l'hôpital en cas de refroidissement, estime Jacques Fellay.

>> Son interview dans le Journal du matin:

Jacques Fellay (ici en 2012).
Le Journal du matin - Publié le 19 juillet 2017

ats/ptur

Publié le 18 juillet 2017 - Modifié le 19 juillet 2017

Collaboration entre hôpitaux suisses et australiens

Dans le cadre de ces travaux publiés dans la revue PNAS, plusieurs services de pédiatrie hospitaliers en Suisse et en Australie ont étudié les cas d'enfants qui ont eu besoin de soins intensifs suite à une infection respiratoire sévère (bronchiolite ou pneumonie) provoquée par un virus.

Les scientifiques ont exclu de leur étude les bébés prématurés et les enfants souffrant de maladies chroniques afin de pouvoir se concentrer sur les causes génétiques. Résultat: sur les 120 enfants inclus dans l'étude, huit portaient des mutations du gène IFIH1.

Cette recherche est le fruit d’une collaboration de l'EPFL, de l'Institut suisse de bioinformatique, des universités de Berne, Genève, Lausanne et du Queensland, des HUG, du CHUV ainsi que des hôpitaux pédiatriques de Lucerne et Brisbane.