Publié le 02 octobre 2014 - Modifié le 02 octobre 2014

Les professeurs valaisans soumis à autorisation pour parler aux médias

Proposition d'Oskar Freysinger, les bourses d'étude sont à nouveau dans le viseur du gouvernement valaisan.
La liberté d’expression des professeurs et des élèves valaisans limitée par le canton Le Journal du matin / 1 min. / le 02 octobre 2014
Alors que la campagne contre les économies dans l'éducation est lancée en Valais, les enseignants, élèves et directeurs du secondaire II n'ont pas le droit de s'exprimer dans les médias sans autorisation.

En Valais, les professeurs, les élèves et les directeurs d'école ne peuvent pas s'exprimer dans les médias sans en référer au chef du Service de l'enseignement, Jean-Marie Cleusix. La mesure provient d'une directive récente du Département de la formation et de la sécurité, dirigé par Oskar Freysinger, qui rappelle des principes à respecter.

Alors que la campagne en vue de la votation du 30 novembre contre les mesures d'économies dans l'éducation vient d'être lancée, cette règle fait grincer des dents.

"Autorisation expresse"

La directive, datée du 22 septembre, a été envoyée aux recteurs et directeurs du secondaire II, l'école post-obligatoire, nommés par le Conseil d'Etat. Les dirigeants des écoles primaires et des cycles d'orientation dépendent en revanche des autorités locales et ne sont pas concernés officiellement.

Le document indique que "sans l'autorisation expresse et préalable du chef de service, aucun élève, aucun professeur et aucun directeur n'est habilité à prendre la parole dans les médias pour toutes les affaires qui concernent l'école que vous dirigez ou le département".

Une "entorse à la liberté d'expression"

L'exigence en a étonné plus d'un. Le directeur du cycle d'orientation de Martigny s'est par exemple dit très surpris de cette entorse à la liberté d'expression. Un syndicaliste de la branche estime pour sa part qu'on veut museler les enseignants en pleine campagne sur le référendum qui s'oppose aux 20 millions de francs de coupes dans l'école.

Contacté, un directeur du secondaire 2 n'a quant à lui pas voulu répondre à nos questions sans le feu vert de ses supérieurs.  De son côté, Oskar Freysinger se défend de vouloir censurer les professeurs et réfute tout lien avec le scrutin à venir. Il s'agit selon lui simplement de mettre en place une communication concertée.

Marie Giovanola/jzim