Modifié le 05 octobre 2015

"Il y a un manque de culture du risque en France face aux éléments naturels"

Une scène de dévastation à Antibes.
Les métropoles vulnérables face aux catastrophes naturelles Le 12h30 / 4 min. / le 05 octobre 2015
Alors que le bilan des violents orages de samedi sur Côte d'Azur est passé à vingt morts, une géographe regrette l'incapacité française à mettre en œuvre une culture du risque.

Les inondations dévastatrices provoquées par des orages d'une rare intensité sur la Côte d'Azur soulignent la vulnérabilité de certaines villes face à des phénomènes naturels qui ne sont pourtant pas si exceptionnels.

Spécialiste de la prévention des inondations, la géographe Magali Reghezza n'est aucunement surprise par ce qui s'est passé ce week-end. "Cela fait au moins 30 ans qu'on voit les mêmes images comme à Nîmes en 1988", a-t-elle rappelé dans le 12h30 de la RTS.

"C'est une habitude morbide, tragique. C'est toujours la même histoire, toujours les mêmes problèmes qu'on pointe, les mêmes rapports qui suivent, des lois qui arrivent derrière et qui s'empilent. Et pourtant, on n'arrive pas à sortir de cette espèce de cocktail infernal entre des orages très violents mais naturels en Méditerranée, des conditions d'urbanisation qui posent problème et un manque de culture du risque des populations", analyse-t-elle.

La pression foncière sur la Côte d'Azur

Toute cette région de la Côte d'Azur est soumise à des pressions foncières extrêmement puissantes, rappelle Magali Reghezza. "Le prix des terrains y est très cher, il reste très peu d'espace constructible, et ce sont des économies qui se sont développées sur le bâtiment et le tourisme." Une fois l'émotion passée, on a tendance à oublier pour se reconstruire, note également la géographe.

Repenser l'occupation de l'espace

"Ensuite, il va y a voir des tractations locales, nationales, des effets de contexte, qui font que les textes existent. La France a mis en place un arsenal législatif pour essayer de contraindre l'urbanisation, mais ils ne sont pas suffisants parce qu'il n'y a peut-être pas derrière la volonté politique et l'implication citoyenne qu'on aurait dans d'autres pays européens comme les Pays-Bas, l'Allemagne où la Suisse - des pays où il y a plus de participation citoyenne et de demandes des citoyens, non pas de remboursement des assurances ou d'aide de l'Etat mais simplement d'avoir des modes d'occupation de l'espace qui permettent de réduire le risque."

>> Les images des dégâts:

 

oang

Publié le 05 octobre 2015 - Modifié le 05 octobre 2015

Des pilleurs interpellés

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a indiqué que plus de 500 pompiers sont toujours déployés sur le terrain ainsi que 300 policiers et gendarmes chargés de sécuriser les zones sinistrées.

Il a confirmé que neuf personnes avaient été interpellées pour des actes de pillage à Cannes, dont deux vont être déférées au parquet et sept autres sont toujours en garde à vue.