Mise à jour le 26 mars 2013

Le groupe de presse Tamedia veut économiser 34 millions de francs

Les cadres romands de Tamedia montent au front.

Les cadres romands de Tamedia montent au front. [Jean-Christophe bott - Keystone]

Le groupe Tamedia prévoit un plan d'économies de 34 millions de francs dont 18 millions pour la seule Suisse romande, selon une information de la RTS. Mais les rédacteurs en chef des titres romands du groupe réagissent.

Après avoir annoncé jeudi dernier des résultats en baisse pour 2012 (lire Le bénéfice net du groupe de presse Tamedia en recul de 15% ), le groupe de presse alémanique Tamedia s'apprête à économiser 34 millions de francs, dont plus de la moitié en Suisse romande. Mais les rédacteurs en chef des publications romandes vont écrire à la direction pour protester et demander l'ouverture d'un dialogue.

Le jour même de la publication des chiffres pour l'an dernier, le président du groupe, Pietro Supino, a réuni à Lausanne les rédacteurs en chef des titres romands - "24heures", "La Tribune de Genève", "Le Matin" et "Le Temps". La séance s'est déroulée dans une ambiance électrique, selon les informations obtenues par la RTS: les cadres romands ont eu le sentiment d'être soumis à un véritable ordre de marche de Zurich.

100 postes de journalistes à sacrifier

L'objectif financier fixé pour la Suisse romande est considéré comme "injuste" aux yeux des cadres romands de Tamedia, qui ne comprennent pas pourquoi les Romands, minoritaires, devraient supporter plus de la moitié des économies à réaliser. Il est aussi jugé "hors d'atteinte", parce que cela reviendrait - selon des calculs qui circulent - à sacrifier une centaine de postes de journalistes sur l'ensemble des rédactions romandes.

Plan caché de Zurich?

On craint aussi, côté romand, que Zurich avance masqué. C'est une supposition qui circule parmi les cadres romands de Tamedia et dans les rédactions: le groupe a-t-il un plan caché? L'hypothèse serait que Zurich impose cet objectif de 18 millions en cherchant à désolidariser les rédacteurs en chef romands. Les quatre titres pourraient alors être amenés à abandonner l'un des leurs et ce serait très certainement le maillon faible: "Le Matin". Le quotidien, en difficulté, est déjà qualifié de "produit exotique" par Pietro Supino.

Les rédacteurs en chef vont écrire à la direction pour demander l’ouverture d'un dialogue et refusent d'économiser sans avoir de stratégie claire auparavant.

Frédéric Mamaïs/oang