Mise à jour le 24 janvier 2013

Daniel Vasella quitte son poste de président de Novartis

Après 17 ans à la tête du conseil d'administration de Novartis, Daniel Vasella ne sollicitera pas de nouveau mandat.
Après 17 ans à la tête du conseil d'administration de Novartis, Daniel Vasella ne sollicitera pas de nouveau mandat. [Georgios Kefalas - Keystone]
Président du conseil d'administration de Novartis, Daniel Vasella a annoncé ce mercredi ne pas briguer de nouveau mandat. Par ailleurs, le groupe pharmaceutique a dégagé l'an passé un bénéfice net de 9,6 milliards de dollars, soit une hausse de 4%.

Le président du conseil d'administration de Novartis Daniel Vasella transmet le témoin, après 17 ans au sommet de l'entreprise. Le Fribourgeois, d'origine grisonne, quitte l'organe en février, à l'heure où de nouveaux défis attendent le groupe pharmaceutique bâlois.

Elu en 1999 président du conseil d'administration, il a revêtu la double casquette, avec la fonction de directeur général prise elle en 1996, de nombreuses années. Jörg Reinhardt sera proposé pour lui succéder lors de l'assemblée générale, qui se tiendra le 22 février, a annoncé mercredi la multinationale rhénane.

Nouvelles fonctions en août

Cet Allemand de 56 ans avait rejoint Sandoz en 1982, avant d'occuper divers postes à responsabilité croissante au sein de Novartis depuis la fusion en 1996. Il est directeur opérationnel du groupe de 2008 à 2010.

Longtemps pressenti pour remplacer Daniel Vasella à la tête de la direction, revenue à l'Américain Joe Jimenez, il s'est tourné ensuite vers le groupe allemand Bayer, où il a dirigé la division santé.

Il avait dû quitter Novartis dans le contexte des transformations de la direction entrées en vigueur au début 2010. Le conseil d'administration avait décidé notamment de simplifier la structure du comité de direction, entraînant la suppression du poste de directeur opérationnel. Jörg Reinhardt prendra ses nouvelles fonctions en août.

Ulrich Lehner ad interim

Dans l'intervalle, l'actuel vice-président Ulrich Lehner dirigera le conseil d'administration ad interim. Cette "passation de témoin", selon les mots de Daniel Vasella, cité dans le communiqué, survient alors que le groupe "est solidement équipé pour traverser les turbulences causées par la volatilité et les incertitudes de l'environnement actuel". Le secteur de la pharmacie subit des pressions sur les tarifs des médicaments et doit compenser les expirations de brevets.

ats/mre/lgr

Bénéfice net en hausse

L'action Novartis caracolait en tête à la Bourse suisse, mercredi matin. Le géant pharmaceutique bâlois a publié des résultats annuels dans le haut des attentes des analystes.

Le groupe a dégagé l'an passé un bénéfice net de 9,6 milliards de dollars, en hausse de 4% par rapport à 2011.

Son chiffre d'affaires a, en revanche, reculé de 3%, à 56,7 milliards de dollars.

Sur le plan opérationnel, le résultat a grimpé de 5% à 11,5 milliards de dollars. Les aléas monétaires ont grevé la croissance à hauteur de 3 points de pourcentage, le dollar s'étant renforcé face à la plupart des monnaies.

La division pharma, la principale de la multinationale, accuse un repli de ses ventes, de 1% à 32,2 milliards de dollars.

Dirigeant le mieux payé de Suisse

D'origine grisonne, Daniel Vasella est le fils d'un professeur de l'Université de Fribourg, ville où il est né en 1953.

Il rejoint le groupe pharmaceutique Sandoz en 1988. En 1996, lors de la fusion de Ciba Geigy et Sandoz qui va donner naissance au géant Novartis, Daniel Vasella en prend les rênes.

En avril 1999, il est nommé président du conseil d'administration et occupe la double casquette de directeur général et de président, jusqu'à sa démission de la direction en 2010.

Dirigeant le mieux rétribué de Suisse, en 2012, il a perçu quelque 13,1 millions de francs.

En plus de ses fonctions au sein de Novartis, Daniel Vasella siège notamment dans les conseils d'administration de Crédit Suisse et du géant américain PepsiCo.

Renouer avec la croissance

La multinationale ambitionne de renouer avec la croissance dès l'an prochain, "après avoir absorbé l'impact de la concurrence des génériques".

Cette année, elles devraient être comparables à celles de 2012 à taux de change constants, alors que l'âpre concurrence des génériques les amputera de 3,5 milliards de dollars, prévoit l'entreprise.