Modifié le 10 janvier 2017 à 19:30

Le fonds FORTA, investissement indispensable ou vision passéiste

Les opposants au FORTA dénonce un fonds qui profiterait surtout au réseau autouroutier.
Les opposants au FORTA dénonce un fonds qui profiterait surtout au réseau autouroutier. [Jean-Christophe Bott - Keystone]
Instrument financier indispensable ou solution coûteuse et passéiste, le fonds routier FORTA divise. Défenseurs et opposants au projet ont présenté leurs arguments mardi à Berne.

Du côté des soutiens au projet, nombre d'associations professionnelles, d'organisations politiques ou économiques considèrent que le fonds profiterait à l'économie suisse dans son ensemble.

Il est ainsi vu comme nécessaire pour désengorger les routes, achever les projets d'agglomération et desservir les régions de montagne. Soumis au vote le 12 février, FORTA est un outil "judicieux, équilibré et responsable" a déclaré devant les médias Peter Goetschi, président central du TCS.

Le fonds permettrait selon lui de "construire aujourd'hui la mobilité de la Suisse de demain". Une opinion qui est bien loin de convaincre l'Association transports et environnement (ATE): il ramènerait le pays à une politique des transports du siècle passé. "Une avalanche de projets routiers insensés menace la Suisse", prévient l'ATE.

Opposition à de nouvelles autoroutes

Nous n'avons pas besoin de planifier des mégaprojets sous la forme de nouvelles autoroutes, mais de résoudre absolument les problèmes de circulation dans les agglomérations. C'est là que se trouve 75% du trafic", fait valoir le conseiller national Balthasar Glättli (Verts/ZH).

Or le comité interpartis qui réunit les opposants souligne que 90% du fonds serviraient à financer le réseau autoroutier, le trafic d'agglomération ne bénéficiant que des 10% restants.

Toutefois pour les défenseurs du projet, FORTA permettrait aux collectivités de poursuivre leurs projets d'agglomération. "Cela ne concerne pas seulement les grandes villes", rappelle la conseillère communale de Bulle Marie-France Roth Pasquier (PDC), "mais toutes les communes qui font partie des agglomérations suisses".

"Razzia sur la caisse fédérale"

FORTA constitue une "razzia sur la caisse fédérale" aux yeux d'Evi Allemann, présidente de l'ATE. Un pillage qui coûterait six fois plus au contribuable que le fonds d'infrastructure ferroviaire (FIF), affirme la conseillère nationale (PS/BE).

Le comité interpartis contre le projet, composé avant tout de membres du Parti socialiste et des Verts, déplore que la contribution fédérale au fonds augmente alors que celle des automobilistes diminue. FORTA "empoisonnerait l'avenir".

ats/mre

Publié le 10 janvier 2017 à 17:16 - Modifié le 10 janvier 2017 à 19:30

Soutien des régions de montagne

De leur côté, les régions de montagne et périphériques appuient FORTA, car le fonds favoriserait leur desserte en transports et leur accessibilité. Le projet prévoit notamment d'intégrer quelque 400 kilomètres de routes principales dans le réseau national, notamment la H20 Neuchâtel - Le Locle - La Chaux-de-Fonds.

"La population locale, tout comme l'économie et les visiteurs en profiteront", a plaidé Laurent Favre, vice-président du Groupement pour les régions de montagne et conseiller d'Etat neuchâtelois (PLR).

Il estime que le fonds assurerait à long terme la desserte des régions de montagne, déchargerait certaines localités du trafic de transit et contribuerait à la protection contres les risques naturels.

"Bon pour l'économie lémanique"

De son côté, le directeur du Centre patronal Christophe Reymond met en avant l'importance que revêt ce fonds pour l'économie romande, en particulier dans l'Arc lémanique.

Et de citer plusieurs projets majeurs qui pourraient être financés, comme l'élargissement de l'autoroute de contournement de Genève ou celui de la ceinture autoroutière du grand Lausanne, des investissements "nécessaires" selon lui.

Un projet pensé comme complémentaire au rail

Le fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA) sera soumis au vote populaire le 12 février. Voulu complémentaire au fonds d'infrastructure ferroviaire (FIF) accepté par le peuple en 2014, ce projet vise à remplacer et développer des infrastructures désormais obsolètes, résumait en décembre la ministre des Transports Doris Leuthard.

Outre les partis bourgeois, Confédération, villes et cantons adhèrent au projet. Et s'il est combattu par les Verts et le PS au niveau national, plusieurs sections socialistes ou écologiques romandes le soutiennent cependant.