Modifié le 13 avril 2016

"Le sexisme dans les produits de consommation est dangereux"

Le rendez-vous société: Jean-Christophe Schwaab mène un combat contre la taxe rose
Le rendez-vous société: Jean Christophe Schwaab mène un combat contre la taxe rose 12h45 / 10 min. / le 13 avril 2016
Des produits roses plus chers que des produits bleus, c'est fort de ce constat que le conseiller national socialiste vaudois Jean Christophe Schwaab part au combat à Berne contre le principe de taxe rose.

Des bières et des stylos spécialement destinés aux femmes, de la lessive ou du dentifrice conçu pour les hommes, des rasoirs ou des parfums à l'étiquette genre clairement identifiable, la publicité et les rayons des magasins ne sont pas avares de stéréotypes, avec à la clé des différences de prix parfois marquées.

C'est cette taxe rose inégalitaire que Jean Christophe Schwaab veut éliminer. "Il suffit que certains jouets parfaitement identiques soient roses ou pailletés, donc destinés aux filles, pour qu'ils coûtent beaucoup plus cher", dénonce le socialiste mercredi dans le 12h45. Et d'ajouter: "Avoir des écarts de prix à cause de la taxe rose est indigne d'un pays comme la Suisse."

Une double peine

Dans une étude, la ville de New York a calculé les différences de prix pour un même article et il apparaît que certains produits pour femmes sont vendus jusqu'à deux fois plus chers que des produits pour hommes. Aucune analyse similaire n'a été effectuée en Suisse, même si "on sent intuitivement" qu'il en va de même. Le Vaudois vient donc de demander au Conseil fédéral qu'une telle étude soit aussi menée.

C'est contraire à la Constitution fédérale

Jean Christophe Schwaab
 

"Il faut analyser la situation et ensuite agir, car c'est contraire à la Constitution fédérale", estime Jean Christophe Schwaab. Celle-ci déclare en effet que les hommes et les femmes sont égaux en droit. Et de dénoncer une "double peine": d'une part, à compétence égale, une femme reçoit un salaire jusqu'à 20% inférieur à celui d'un homme, et d'autre part, elle paie plus cher pour un produit équivalent.

La Suisse est en retard

Il en va des jeux de pouvoir dans la société

Jean Christoph Schwaab
 

Pour le socialiste, "le sexisme dans les produits de consommation est dangereux", car il ne s'agit pas que de l'utilisation d'un produit par un public cible, il en va des jeux de pouvoir dans la société. A ses yeux, créer des différences artificielles de genre, c'est adopter un modèle de société qui n'est pas égalitaire et les stéréotypes sont tellement marqués dès le plus jeune âge que les conséquences sont assez dévastatrices.

L'élu déplore enfin un certain retard en Suisse en la matière, notamment au niveau des salaires. Mais selon lui, avec une étude claire sur le sujet, l'Etat pourra agir d'une part sur l'économie privée, mais aussi sur le secteur public, car les droits de douane qui sont appliqués sur les produits pour hommes et pour femmes sont aussi inégaux.

>> Revoir le sujet de A Bon entendeur sur la taxe rose:

Les femmes paient le prix fort
A Bon Entendeur - Publié le 22 avril 2015
 

boi

Publié le 13 avril 2016 - Modifié le 13 avril 2016