Modifié le 18 janvier 2016

La Suisse lève ses sanctions contre l'Iran suite à l'accord sur le nucléaire

Les abords de l'ambassade de Suisse à Téhéran (photographie datant du 25 décembre 2003).
Les abords de l'ambassade de Suisse à Téhéran (photographie datant du 25 décembre 2003). [EPA/Abedin Taherkenareh - ]
Parallèlement à la communauté internationale, la Chancellerie fédérale a annoncé dimanche l'abrogation de l'ordonnance "instituant des mesures à l'encontre de la République islamique d'Iran".

La Suisse avait décrété ses premières sanctions contre l'Iran en février 2007. Le gouvernement précise que les sanctions à l'encontre de l'Iran seront levées en même temps que celles de l'ONU et de l'Union européenne. En août dernier, le Conseil fédéral avait déjà levé une partie des sanctions économiques visant l'Iran.

La Suisse n'a eu de cesse de soutenir le processus de négociation et de mise en oeuvre de l'accord sur le nucléaire iranien, souligne le Conseil fédéral. Il estime que l'application de cet accord et la levée des sanctions permettront d'intensifier le dialogue politique et les échanges économiques avec Téhéran et se dit "confiant".

Pour le Secrétariat d'Etat à l'économie, cette levée échelonnée des sanctions "ouvre de nouvelles perspectives pour l'économie suisse. Reste à voir quelles entreprises auront envie d'entrer sur ce marché", a expliqué Antje Baertschi, porte-parole.

Fin de l'isolement

Après la confirmation du respect par l'Iran de ses engagements concernant la réduction de son programme nucléaire dans le cadre de l'accord conclu en juillet dernier, la République islamique est sortie samedi de plusieurs années d'isolement économique avec la levée par la communauté internationale des sanctions qui lui avaient été imposées.

>> Lire aussi: Après la levée des sanctions, l'Iran veut un avenir moins lié au pétrole et Les grandes puissances annoncent lever les sanctions frappant l'Iran

ats/vtom

Publié le 17 janvier 2016 - Modifié le 18 janvier 2016

L'économie se réjouit de la levée des sanctions

De nombreuses firmes suisses espèrent pouvoir renouer de bonnes relations avec l'Iran, a déclaré dimanche Ivo Zimmermann, porte-parole de l'association faîtière de l'industrie des machines Swissmem. Il y a un grand besoin de rattrapage en Iran dans le domaine des infrastructures ferroviaires et routières, relève-t-il.

Cette évolution permettra de compenser partiellement le recul que subit actuellement l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM), estime Ivo Zimmermann. Sur les neuf premiers mois de 2015, ses commandes ont chuté de plus de 14%.

Fort de 80 millions d'habitants au niveau d'éducation élevé, l'Iran représente un "marché intéressant", estime Erich Herzog d'economiesuisse. Le potentiel concret pour l'économie suisse est difficile à chiffrer, signale l'association faîtière des entreprises.

Médiateur entre Téhéran et Washington

La Suisse joue depuis 1980, quand Téhéran et Washington ont rompu leurs relations doplomatiques, un rôle de médiateur entre les deux pays. Samedi, l'ambassadeur d'Iran auprès des Nations unies a indiqué que la Suisse a joué un "rôle positif et a facilité" l'échange de prisonniers entre l'Iran et les Etats-Unis.

Selon les agences de presse américaine AP et iranienne Fars, les quatre hommes devraient être transportés de Téhéran vers la Suisse à bord d'un appareil helvétique. Ils seront ensuite transférés vers la base américaine de Landshut, en Allemagne.