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Le danger sous-estimé des crottes de chien en pleine nature

Un chien de chasse tenu en laisse se repose dans un pâturage. [Depositphotos - Jahmaica]
Pâturages: attention aux déchets! / On en parle / 9 min. / le 12 avril 2024
Souillure des fourrages, risques de transmission de maladies et pertes financières, autant de conséquences possibles pour les éleveurs et leur bétail lorsqu’on laisse les déjections des chiens dans les pâturages. Le monde agricole appelle les propriétaires à ramasser les crottes, même en pleine nature.

Le printemps est là, avec ses envies de balades en montagne ou dans les campagnes. Au bord des pâturages, les promeneurs et promeneuses croisent de plus en plus souvent des panneaux leur indiquant de tenir les chiens en laisse et de ramasser leurs crottes. Un message qui peut surprendre en pleine nature.

Une décomposition lente

Fabrice Nanchen, ingénieur agronome HES, président du réseau agro-écologique de Crans-Montana/Venthône et de la commission agricole de la commune d’Icogne, explique dans l’émission On en parle pourquoi il est important de ramasser les crottes de chiens: "La problématique de ces crottes est la souillure des fourrages. Une crotte de chien est très lente à la décomposition – cela prend plus ou moins deux mois. De plus, il n’y a rien de pire pour un agriculteur que de se rendre sur le chemin au bord de ses champs et de constater que celui-ci est devenu une toilette à déjections pour chiens. Personne n’aimerait avoir des crottes de chenille dans sa salade. Alors pourquoi nous, agriculteurs, accepterions de donner des herbages avec des crottes de chien à l’intérieur à nos vaches?"

La crotte de chien, véhicule de maladies graves

Les crottes de chien transmettent également des maladies aux vaches, comme la néosporose et la sarcosporidiose. Cette dernière, indétectable sur le bétail, n’est identifiée que lors de l’abattage. La viande est alors impropre à la consommation et synonyme de perte pour l’éleveur. Quant à la néosporose, elle peut donner lieu à des avortements.

"Ces parasites font leurs cycles à l’intérieur des animaux et de l’humain parfois. Il y a donc une problématique de parasitisme croisé qui se transmet via ces crottes", poursuit Fabrice Nanchen. À noter que "les crottes de renard ne rentrent pas dans ces cycles-là. Les animaux sauvages sont partout, mais ce sont principalement les chiens qui font leurs déjections aux abords des chemins."

Pas de garantie d’indemnisation

En cas de perte à la suite d’une maladie véhiculée par les crottes de chien, difficile d’obtenir une indemnisation. "Il peut arriver que certains agriculteurs disposant d’une caisse d’assurance du bétail puissent réclamer une compensation, mais il est difficile de se retourner contre tout un chacun, surtout en cas de sarcosporidiose, vu que la maladie n’est repérée qu’à l’abattage", précise Fabrice Nanchen, qui invite les propriétaires de chiens à ramasser les déjections de leur animal avec un sac en plastique, souvent mis à disposition le long du chemin, puis à le jeter dans une poubelle.

Sujet radio: Didier Bonvin

Adaptation web: Myriam Semaani

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