Modifié le 28 juin 2010 à 12:13

Conseil des droits de l'homme: Suisse blâmée

M.Calmy-Rey défend la politique fiscale de la Suisse dans le Spiegel.
Micheline Calmy-Rey a expliqué la culture politique suisse. [Keystone]
Plusieurs pays ont critiqué la polititque migratoire et un "climat xénophobe" en Suisse jeudi devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Micheline Calmy-Rey a reconnu que «la Suisse ne peut pas se reposer sur ses lauriers».

Les affiches de l'UDC et la campagne pour les votations
fédérales du 1er juin ont notamment été dans le collimateur du
Conseil des droits de l'homme.

Combattre la xénophobie

Aux critiques exprimées, Micheline Calmy-Rey a répondu que les
campagnes de votation pouvaient donner lieu à des excès et que
leurs auteurs visaient par ce biais à remporter des succès
électoraux. Mais la Suisse a toujours promis de poursuivre le
dialogue et la discussion en vue d'arriver à une intégration
complète des étrangers.





L'ambassadeur d'Algérie Idriss Jazairy a recommandé à la
Confédération de prendre des mesures pour combattre la xénophobie.
En outre, le porte-parole de l'Egypte a relevé que l'on observait
depuis plusieurs années une augmentation des tendances racistes et
des incidents dans ce contexte.

Système politique expliqué

La ministre des Affaires étrangères a souligné les instruments
législatifs mis en place par la Suisse, par exemple contre les
propos racistes, les inégalités entre hommes et femmes ou les
discriminations envers les handicapés.





Micheline Calmy-Rey a cependant relevé que les dynamiques liées à
la globalisation peuvent conduire à un climat de tension
identitaire, susceptible d'être exploité politiquement. Ce repli
sur soi ne se limite pas à un repli nationaliste. Il exclut de
manière plus générale l'autre, le différent.





La cheffe de la diplomatie helvétique a expliqué que le système
démocratique suisse implique une grande transparence dans le débat
politique. «Cela a pour conséquence que des thèmes même très
controversés puissent être discutés sur la scène publique, parfois
accompagnés d'expressions exagérées et parfois inadmissibles»,
a-t-elle déclaré.

Groupe de travail créé

Dans un rapport élaboré pour le Haut Commissariat aux droits de
l'homme, une coalition d'une trentaine d'organisations non
gouvernementales (ONG) helvétiques avait notamment incité la Suisse
à mettre sur pied une institution indépendante nationale des droits
humains. Micheline Calmy-Rey a précisé qu'un groupe de travail
s'est penché sur cette question et qu'un rapport sera transmis
prochainement au Conseil fédéral pour qu'il puisse se
prononcer.





L'Egypte a de son côté souhaité que la Suisse s'engage davantage
encore contre l'incitation à la haine raciale et religieuse. Les
autorités fédérales estiment à ce sujet que l'approche sectorielle
actuelle garantit une protection suffisante.





agences/cer

Publié le 08 mai 2008 à 16:37 - Modifié le 28 juin 2010 à 12:13

Initiative UDC en question

Micheline Calmy-Rey a répondu jeudi devant le Conseil des droits de l'homme à l'inquiétude de plusieurs pays sur l'initiative sur les naturalisations soumise au vote le 1er juin.

La Belgique, la Norvège et la Finlande notamment se sont inquiétés des conséquences d'une éventuelle acceptation de l'initiative de l'UDC, estimant qu'elle contreviendrait aux obligations internationales de la Suisse.

La conseillère fédérale a répondu que la conformité de toute initiative soumise au peuple est examinée au préalable par les autorités pour vérifier si elle est au contraire au droit international.

«Si cette initiative est acceptée, il faudra qu'elle soit mise en oeuvre par une loi votée par le parlement» et un recours au Tribunal fédéral sera en outre possible.

L'examen périodique

L'examen périodique universel auquel la Suisse a dû se soumettre jeudi est une innovation voulue par l'ONU lors de la création du Conseil des droits de l'homme, il y a deux ans.

Les 192 Etats membres de l'ONU doivent s'y plier tous les quatre ans, soit 48 Etats par année.

Chaque pays peut faire part de ses remarques, interroger le pays examiné sur tel ou tel point qu'il juge important dans le domaine des droits humains et faire des recommandations.