Modifié le 15 avril 2019 à 22:02

Le pont Chauderon à Lausanne occupé par des militants écologistes

Petit dejeuner sur le pont
Les révoltés du réchauffement climatique bloquent le pont Chauderon L'actu en vidéo / 1 min. / le 15 avril 2019
A l'appel du mouvement Extinction Rebellion, environ 200 militants écologistes ont occupé le pont Chauderon à Lausanne lundi matin pendant une heure. La manifestation, qui n'avait pas été autorisée, s'est déroulée dans le calme.

L'événement était porté par Extinction Rebellion, un mouvement qui prône la désobéissance civile non-violente pour forcer les gouvernements à prendre des mesures environnementales fortes.

>> Lire aussi: Pour les militants d'Extinction Rebellion, "il faut désobéir" face à l'urgence écologique

Dès 8h, des activistes ont déployé des banderoles portant les inscriptions "Action ou extinction" et "Urgence climatique" aux deux extrémités du pont Chauderon à Lausanne.

Pendant une heure, aucun véhicule n'a pu emprunter cet axe de circulation central de la ville. Le rassemblement avait été annoncé par communiqué et sur les réseaux sociaux, mais n'était pas autorisé.

Pour autant, la police présente sur les lieux n'a pas cherché à disperser les manifestants, et s'en est tenue à surveiller le bon déroulement du rassemblement et à rediriger les véhicules.

Le blocage n'a pas entraîné d'embouteillage ni de perturbation majeure du trafic, à l'exception de plusieurs bus qui ont dû revoir leur itinéraire. La police a indiqué qu'il n'y avait pas eu d'interpellation et a dit analyser les suites à donner.

"Déranger l'ordre public"

Sur le pont, environ 200 personnes, membres d'Extinction Rebellion ou simples sympathisants de la cause environnementale, ont partagé un petit déjeuner dans une atmosphère musicale et bon enfant, entrecoupée de quelques discours.

"L'objectif de ces actions directes non-violentes (...) c'est d'être 'disruptif'", a expliqué à la RTS Cynthia, membre d'Extinction Rebellion et porte-parole du jour. "Les nuisances ne sont pas dirigées contre la population, mais destinées à déranger l'ordre public afin (...) que des mesures claires, rapides et contraignantes soient mises en place."

"Cela fait 30 ans que l'urgence climatique a commencé à être un sujet et que les faits scientifiques sont là mais il n'y a pas eu (...) d'action contraignante", a ajouté la jeune femme.

"On s'excuse vraiment pour le dérangement causé, on aimerait ne pas devoir le faire, mais aujourd'hui c'est la solution qui nous paraît être celle qui a le plus de chances de fonctionner", a conclu la militante.

"Notre maison est en train de brûler"

Un autre manifestant était venu en simple soutien du mouvement, dans le but de contribuer à sensibiliser la société civile.

"Je ne comprends pas que dans les élections aujourd'hui, la question environnementale ne soit pas tout en haut de l'échelle des priorités", a-t-il déclaré. "C'est notre maison qui est en train de brûler!"

Extinction Rebellion a annoncé que d'autres actions seraient organisées dans les jours qui viennent. Mardi midi, un "die-in" sera notamment organisé à l'Amphimax de l'Université de Lausanne.

Pauline Turuban

Publié le 15 avril 2019 à 13:09 - Modifié le 15 avril 2019 à 22:02

Revendications internationales

Né en Angleterre à l'automne dernier, le mouvement Extinction Rebellion est implanté actuellement dans une vingtaine de pays dont la Suisse. Il exige des gouvernements qu'ils déclarent l’état d’urgence écologique, mettent un terme à la destruction des écosystèmes et plaide pour un changement radical de système qui permettrait de réduire à zéro les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2025.