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Le Grand Conseil genevois veut une banque romande de lait maternel

Les premiers bénéficiaires de cette banque du lait seront les bébés fortement prématurés. [Gaetan Bally - Keystone]
Les députés genevois veulent une banque romande de lait maternel / La Matinale / 1 min. / le 20 juillet 2021
Les députées et députés du Grand Conseil genevois ont récemment accepté une motion à l'unanimité pour la création d'un lactarium romand. Le texte demande au gouvernement genevois de collaborer avec son homologue vaudois, ainsi qu'avec les HUG et le CHUV, pour développer ce lactarium régional.

Alors qu'en Suisse alémanique, 7 banques de lait maternel existent, il n'y en a aucune en Suisse romande. Des femmes s'échangent donc du lait via les réseaux sociaux gratuitement ou contre paiement dans des conditions qui ne sont pas contrôlées.

Cette réalité a interpellé la députée PDC Delphine Bachmann, à l'origine de la motion. "Le lait est parfois revendu à des tarifs extrêmement élevés. Cette espèce de marché noir autour du lait maternel nous a interpellés", a-t-elle expliqué dans La Matinale de mardi.

La motion veut donc limiter cette pratique en encourageant à créer un lactarium en milieu hospitalier. Le texte initial voulait l'instaurer aux HUG mais il a été modifié en commission. Il demande désormais à l'Etat de Genève de collaborer avec le canton de Vaud et le CHUV. Le centre hospitalier vaudois a en effet déjà entamé les démarches pour créer une banque du lait. Les députés genevois demandent donc de rejoindre la démarche, dans le but de mutualiser les ressources et les compétences.

Nourrir les grands prématurés

Cette banque collectera le surplus de lait de mères volontaires. Les premiers bénéficiaires seront les bébés fortement prématurés, que les mères ne peuvent parfois pas allaiter en raison d'un accouchement précoce. "C'est un lait plus adapté à leur situation que le lait artificiel", a relevé Céline Fischer Fumeaux, néonatologue au CHUV. "Cela limite le risque de complications digestives pour ces bébés fragiles".

Au sein du CHUV, 900 bébés sont hospitalisés chaque année. Un quart d'entre eux pourraient bénéficier de lait de donneuse. Si la quantité récoltée le permet, le lait pourrait également être donné à des personnes souffrant de maladie digestive grave.

Ce premier lactarium romand devrait voir le jour en 2022.

Anouk Pernet/lan

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