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Des soignants des HUG débraient contre une péjoration de leurs conditions de travail

Les hôpitaux universitaires de Genève (HUG). [Laurent Darbellay - Keystone]
Des soignants des HUG débraient contre une péjoration de leurs conditions de travail / Le 12h30 / 1 min. / le 1 septembre 2020
A Genève, une vingtaine d’infirmiers et infirmières des blocs opératoires des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont débrayé deux heures mardi matin. En cause selon eux, l'ajout d'un jour de travail par mois à leurs obligations.

Les infirmiers et infirmières des blocs opératoires travaillent 40 heures par semaine répartis sur 4 jours. Aujourd'hui, ils bénéficient de 30 minutes de pause pour 10 heures de travail, mais à l'avenir, les HUG souhaiteraient augmenter leur pause de repas à 1 heure.

"On ne peut pas se permettre de partir 1 heure du bloc opératoire laissant nos collègues auprès du patient, il faut qu'on soit là pour la qualité du travail et la sécurité", réagit l'infirmière Renata Spanikova.

Les infirmiers et infirmières proposent dès lors de fractionner cette heure de pause obligatoire, soit une demi-heure de repas à midi et l'autre demi-heure en fin de service.

Mais avec ce changement, ce ne seraient plus 10 heures de travail qui seraient comptabilisées mais 9h30, pour le même temps passé sur place. Conséquence: le personnel soignant devrait travailler 1 jour de plus par mois.

Contexte du Covid-19

Le personnel estime que cette décision pénalise aussi bien les employés que la sécurité des patients. Ce d'autant plus que les derniers mois ont été très compliqués pour le personnel des HUG, en raison de la crise du Covid-19. Une décision de ce type est dès lors la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour certains soignants et soignantes.

"Il n'y a eu aucune contrepartie, les gens sont épuisés", affirme Sylvie, infirmière en salle d'opération. "C'est tout un contexte, et c'est important de savoir que quand on vient de se faire opérer et qu'on a du personnel épuisé, la qualité des soins et la sécurité seront moindres."

Projet à finaliser

Du côté de la direction, le mouvement de ce matin intervient trop tôt dans le processus de négociation. "Nous sommes en train d'harmoniser les horaires et forcément aussi les temps de pause de l'ensemble des professions des blocs opératoires," fait savoir Nicolas de Saussure, porte-parole des HUG. "Il y aura des gens satisfaits, d'autres pas satisfaits. Mais aucune décision n'a été prise, et nous ne comprenons pas la raison de ce débrayage pour contester quelque chose qui n'est ni décidé ni mis en place."

Les HUG se disent par ailleurs ouverts au dialogue social. La direction doit se réunir prochainement pour finaliser le projet.

Ana Silva et Adrien Krause/kkub

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