Modifié le 08 novembre 2018 à 22:54

Jusqu'à quatre mois de prison ferme requis au procès des "7 de Briançon"

L'aide aux migrants, au coeur du procès des "7 de Briançon", dont deux Genevois jugés aujourd'hui à Gap en France.
L'aide aux migrants, au coeur du procès des "7 de Briançon", dont deux Genevois jugés aujourd'hui à Gap en France. 19h30 / 2 min. / le 08 novembre 2018
Des peines allant jusqu'à quatre mois de prison ferme ont été requises jeudi à Gap au procès de sept militants poursuivis pour avoir aidé des migrants à entrer en France en avril dans les Hautes-Alpes.

Le procureur Raphaël Balland a réclamé six mois avec sursis à l'encontre de cinq prévenus: Benoit, Bastien, Théo, Eleonora et Lisa.

Le magistrat a requis 12 mois d'emprisonnement, dont 8 mois avec sursis, pour Jean-Luc et 12 mois d'emprisonnement, dont 8 mois avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve, pour Mathieu.

>> Les précisions de Jost von Reding, envoyé spécial à Gap

Jost von Reding, envoyé spécial à Gap "Pour la justice française ils doivent répondre à un délit de solidarité."
19h30 - Publié le 08 novembre 2018
 

Ces militants - une Italienne, un Suisse, un Belgo-Suisse et quatre Français, âgés de 22 à 52 ans - comparaissaient pour "aide directe ou indirecte en bande organisée à l'entrée irrégulière d'étrangers sur le territoire national".

L'accusation leur reproche d'avoir facilité, le 22 avril dans une station des Hautes-Alpes, le passage de la frontière franco-italienne à une vingtaine de migrants lors d'une manifestation.

Infraction d'aide caractérisée

Pour le procureur, l'infraction d'aide, directe ou indirecte, est caractérisée, alors que les prévenus affirment que leur intention était simplement de manifester, en réaction à l'action d'un groupe d'extrême droite (Génération Identitaire) la veille, et non d'aider des clandestins à franchir la frontière.

"Pourquoi forcer un barrage de gendarmerie, si aucun migrant n'y figurait, puisque l'objectif de répondre à Génération Identitaire était rempli ? Est-ce que ces migrants seraient arrivés à Briançon sans ce passage en force du barrage de gendarmerie ?", a demandé le procureur, qui a toutefois demandé au tribunal de renoncer à la circonstance aggravante de bande organisée.

"Chacun ici peut se mobiliser pour défendre ses idées, même les plus radicales, mais sans franchir les frontières de la loi", a-t-il conclu lors de son réquisitoire.

>> Lire aussi: Le procès des "7 de Briançon", un enjeu par-delà les frontières

afp/ebz

Publié le 08 novembre 2018 à 22:52 - Modifié le 08 novembre 2018 à 22:54