Modifié le 25 juin 2015 à 08:47

Athènes est en quête des fonds grecs cachés en Suisse

Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, lorgnerait sur les fonds grecs cachés en Suisse.
Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, lorgnerait sur les fonds grecs cachés en Suisse. [Francois Lenoir - ]
En quête d'argent, la Grèce recherche les fonds cachés par ses ressortissants à l'étranger, notamment en Suisse, a affirmé mercredi sur SRF le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis.

Pour Yanis Varoufakis, l'exercice s'apparente aux fouilles archéologiques: "avant de creuser, on ne sait pas ce qu'on va trouver". Un ministre des Finances ne doit pas spéculer, raison pour laquelle il ne mentionnera aucun chiffre, a déclaré le grand argentier grec à l'émission Rundschau de la SRF.

Berne n'informe Athènes que de façon limitée

Le chef des Finances regrette en outre le peu de coopération des autorités suisses. Selon lui, Berne ne fournit que des informations très limitées. Pour pouvoir faire des demandes efficaces, Athènes devrait pourtant savoir "dans quelle ville ou dans quelle banque" sont cachés les fonds non fiscalisés.

Le gouvernement d'Alexis Tsipras prépare par ailleurs une amnistie fiscale, dans l'espoir de voir les fonds grecs revenir au pays. A cette fin, Berne et Athènes négocient actuellement un accord fiscal qui devrait permettre aux évadés fiscaux de légaliser leurs avoirs contre le paiement d'une taxe (voir encadrés).

ats/mac

Publié le 24 juin 2015 à 22:47 - Modifié le 25 juin 2015 à 08:47

Un projet d'amnistie déposé

Les Grecs ont présenté à la Confédération un projet en anglais de leur programme d'autodénonciation et Berne est en train de l'examiner. La porte-parole du Secrétariat d'Etat aux questions financières internationales n'a pas voulu donner de détails sur son contenu.

Le taux de la taxe n'est pas connu. Le chiffre de 22% est évoqué, ce qui est jugé insuffisant par de nombreux observateurs. Son objectif est d'instaurer un "impôt juste", a précisé Yanis Varoufakis à la SRF. "Si la taxe est trop élevée, ça ne marche pas. Si elle est trop basse, nous avons un problème de justice", a-t-il expliqué.

Jusqu'à 80 milliards

Les observateurs ne peuvent aussi que spéculer sur le montant exact des fonds non fiscalisés cachés par des Grecs en Suisse. Des experts avancent un montant allant jusqu'à 80 milliards de francs.

On ne connaît que le montant total des avoirs placés en Suisse. Selon une statistique de la Banque nationale suisse (BNS), à la fin 2014, les engagements des établissements helvétiques envers la Grèce atteignaient près de 7,1 milliards de francs.