Modifié le 18 décembre 2017 à 16:05

Les europhobes vainqueurs des élections européennes

Les europhobes vainqueurs des élections européennes
Les europhobes vainqueurs des élections européennes [Ra2 studio - Fotolia]
Si les conservateurs du PPE arrivent en tête des élections européennes dimanche, les europhobes réussissent une poussée spectaculaire avec près de 140 sièges, dans la foulée de la victoire du Front national en France.

Les europhobes récolteraient 140 sièges aux élections européennes de dimanche, selon les projections du Parlement européen. S'ils ne constituent pas un bloc homogène, leur poussée est spectaculaire dans quasiment tous les pays.

Les conservateurs du Parti populaire européen (PPE) arrivent toutefois en tête avec 212 des 751 sièges mis en jeu, devant les socialistes (187), les Libéraux (72), les Verts (55) et la gauche radicale (43), selon une nouvelle projection du Parlement lundi à 10h00.

Ci-dessous les principaux résultats pays par pays, selon des résultats pas encore définitifs.

Voir aussi le minute par minute: Poussée nationaliste lors des élections européennes. Suivi en direct

FRANCE

Marine Le Pen
Marine Le Pen [Christian Hartmann - ]
Profitant de l'impopularité record des socialistes au pouvoir, le Front national de Marine Le Pen est arrivé largement en tête avec un score historique de 25,4%. Il décrocherait 23 à 25 sièges sur les 74 accordés à la France, contre 3 en 2009.

Le FN devance largement l'opposition de droite UMP (20,8%, 19 sièges contre 29 en 2009), alors que le Parti socialiste subit une nouvelle déroute avec 13,97% des suffrages (13 sièges, -1). Largement en tête dans le nord, la leader du FN Marine Le Pen a demandé la dissolution de l'Assemblée nationale.

Le Premier ministre Manuel Valls a parlé de "choc" et de "séisme" et a appelé "à un vrai sursaut républicain", alors que le leader de l'UMP Jean-François Copé a pointé du doigt "l'exaspération des Français contre la politique de François Hollande".

GRANDE-BRETAGNE

En Grande-Bretagne, l'Ukip europhobe de Nigel Farage a remporté une victoire historique aux élections européennes avec un score de 27,5% et un nombre de députés supérieur à ceux des trois partis classiques secoués par le "séisme". Dix des douze régions électorales britanniques ont été dépouillées.

Les résultats actuels accordent 23 sièges à l'Ukip (+14), tandis que le Labour obtient 25,4% (18 eurodéputés) et les conservateurs au pouvoir (23,9%) sont relégués au 3e rang (18 sièges).

Fort de son succès, le patron du parti populiste a réitéré sa déclaration de guerre à l'immigration et l'UE.

ALLEMAGNE

Angela Merkel.
Angela Merkel. [Michael Sohn - ]
En Allemagne, qui envoie le plus fort contingent d'élus au Parlement européen (96), les conservateurs (CDU/CSU) de la chancelière Angela Merkel sont arrivés en tête, avec 35,3% des voix. Les sociaux-démocrates enregistrent une forte progression, à 27,3%.

Mais le nouveau parti anti-euro AFD, créé au printemps 2013 et qui plaide pour une dissolution de la monnaie unique européenne, fera son entrée au Parlement avec un score de 7%.

Le parti néo-nazi NPD entrera également au Parlement pour la première fois de son histoire, selon les résultats définitifs publiés lundi matin. Crédité de quelque 300'000 voix et d'un score de 1%, le NPD obtient un élu.

ITALIE

Le Parti démocrate du président du Conseil Matteo Renzi est arrivé en tête avec 33% des voix. Il devance le Mouvement 5 Etoiles (M5S) de l'humoriste contestataire Beppe Grillo (26,5%) et Forza Italia, le mouvement de l'ex-président du Conseil Silvio Berlusconi (18%).

ESPAGNE

Les deux grands partis traditionnels espagnols, le Parti populaire (droite, au pouvoir) et le Parti socialiste, ont reculé de manière spectaculaire.

Sur un total de 54 députés européens, le PP remporte 16 sièges contre 24 actuellement tandis que le PSOE aurait 14 députés contre 23, cédant du terrain face aux petites formations, de gauche notamment, comme Podemos, né de la mouvance des indignés.

PORTUGAL

Les Portugais ont sanctionné massivement la politique d'austérité du gouvernement. L'opposition socialiste l'emporte avec 31,45% des voix. La coalition de centre-droit au pouvoir obtient 27,7%, en baisse de 11,5 points par rapport à 2009.

GRÈCE

Le symbole d'Aube dorée lors d'une manifestation.
Le symbole d'Aube dorée lors d'une manifestation. [ - Kostas Tsironis - AP Photo - Keystone]
En Grèce, pays très durement touché par l'austérité, l'euroscepticisme se traduit aussi par l'arrivée en tête du parti de la gauche radicale Syriza d'Alexis Tsipras avec 26,5% des voix (6 sièges), après dépouillement de 96% des bulletins.

Il devance la Nouvelle-Démocratie au pouvoir (droite, 22,7%, 5 sièges). A l'autre bout de l'échiquier politique, le parti néonazi Aube dorée obtient 9,3% des voix et pourrait envoyer trois élus à Strasbourg.

AILLEURS EN EUROPE

En Autriche, le parti d'extrême droite FPÖ progresse nettement et arriverait en troisième position, avec près de 20% des suffrages, en hausse de plus de cinq points par rapport à 2009, derrière les chrétiens-démocrates et les sociaux-démocrates au pouvoir.

Au Danemark, c'est le Parti populaire, formation anti-immigration, qui est arrivé en tête avec 26,7% des voix.

En Pologne, un petit parti europhobe, Congrès de la nouvelle droite, est sur le point d'entrer au Parlement européen avec quatre députés, en obtenant 7,2% des voix.

En Hongrie, la droite conservatrice arrive en tête avec 53% des voix, mais l'extrême droite obtient 18% des suffrages, devant le PS et ses 11%.

boi avec afp

>> Lire aussi: Pour la presse européenne, le plébiscite du Front national est un "séisme"

Publié le 26 mai 2014 à 00:26 - Modifié le 18 décembre 2017 à 16:05

Jean-Claude Juncker revendique la présidence

Leader du Parti populaire européen, arrivé en tête avec 221 sièges, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker a revendiqué la présidence de la Commission européenne. Il a estimé que "l'extrême droite n'a pas gagné les élections", mais que les "forces pro-européennes" l'ont emporté.




Mais le socialiste Martin Schulz ne reconnaît pas le droit automatique de Juncker à devenir président de la Commission. "J'essaierai de trouver une majorité" au Parlement.