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En dépit des violences en Syrie, les observateurs ont "l'obligation morale de rester"

Le général Mood avait annoncé samedi 16 juin la suspension des patrouilles des observateurs. [Youssef Badawi]
Le général Mood avait annoncé samedi 16 juin la suspension des patrouilles des observateurs. - [Youssef Badawi]
Malgré l'aggravation de la violence en Syrie, le chef de la mission, le général Robert Mood, a estimé mardi devant le Conseil de sécurité qu'il était du devoir des observateurs de l'ONU de rester.

Les observateurs de l'ONU ont "l'obligation morale" de rester en Syrie même si l'accroissement de la violence a conduit à la suspension de leurs patrouilles, a estimé mardi le chef de leur mission devant le Conseil de sécurité, selon des diplomates.

Le général Mood a mis en avant les conditions qui empirent dans le pays, quatre jours après avoir suspendu les patrouilles des 300 observateurs onusiens non armés. "La violence augmente", a notamment déclaré le chef de la mission, soulignant que les patrouilles des observateurs ne pouvaient plus se dérouler en toute sécurité, toujours d'après ces sources diplomatiques.

Le responsable de la mission a également déclaré que les véhicules des observateurs avaient été la cible de "tirs directs" à 10 reprises au cours de leurs patrouilles et de "tirs indirects" des centaines de fois. Au cours des seuls huit derniers jours, neuf véhicules de l'ONU ont été touchés par des tirs, a-t-il souligné.

Mission suspendue

Igor Pankin, ambassadeur adjoint de la Russie à l'ONU, a regretté au cours de la réunion que le général Mood n'ait pas consulté le Conseil de sécurité avant de décider de suspendre la mission des observateurs. Le diplomate russe a également souligné que le gouvernement de Bachar al-Assad n'était pas seul responsable des violences dans le pays.

Le Conseil de sécurité, où deux résolutions contre le régime ont déjà été bloquées par Pékin et Moscou, se réunissait au lendemain d'un appel du président américain Barack Obama et de son homologue russe Vladimir Poutine à un "arrêt immédiat" des violences "afin de mettre un terme à l'effusion de sang".

afp/ptur

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Un responsable de l'ONU confirme le maintien de la mission

Les observateurs de l'ONU vont rester en Syrie, a déclaré un responsable mardi, malgré l'escalade de la violence qui a conduit à suspendre leur mission dans le pays, où des milliers de civils sont pris au piège dans les bastions rebelles pilonnés sans relâche.

"Pour le moment, tout en suspendant ses activités, nous avons décidé de ne pas toucher à la mission, à son mandat", a déclaré le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU Hervé Ladsous après une réunion du Conseil de sécurité au cours de laquelle le chef de cette mission baptisée Misnus s'est exprimé.

"L'intégrité (de la mission) demeure", a poursuivi Hervé Ladsous. Le mandat de la mission de l'ONU expire le 20 juillet, "donc nous devons penser très rapidement à ce que seront les options pour le futur de cette mission. Et c'est à cela que nous travaillons", a-t-il toutefois ajouté.