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"Tout reste à faire", la victoire d'Emmanuel Macron vue par la presse française

Quelques Unes de la presse française au lendemain de la victoire d'Emmanuel Macron. [DR]
La revue des Unes - Par Sandra Zimmerli / La Matinale / 5 min. / le 25 avril 2022
Réélu pour un second mandat avec 58,5% des voix face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron est attendu au tournant dans une France toujours plus divisée. La presse relève notamment un quinquennat "aux mille défis" pour le chef d'Etat dont l'une des principales missions sera de réconcilier les Français.

"Une victoire, mille défis" à la Une du Télégramme, voire "Tout reste à faire" à celle de La Croix: pour les quotidiens de lundi, Emmanuel Macron reconduit président doit désormais se porter au chevet d'une France aux fractures béantes.

Le Monde le résume en parlant d'une "réélection sans état de grâce", du fait notamment d'une "abstention proche des records et une extrême droite qui dépasse pour la première fois la barre des 40% des suffrages".

"Un nouveau départ"

Il y a des Unes très sobres, des neutres "Emmanuel Macron réélu" (Ouest-France) ou "Macron réélu 58,5%" (La Dépêche du Midi), à "Macron promet +cinq ans de mieux+" (Le Parisien/Aujourd'hui en France), en passant par "L'acte 2" (Sud Ouest) ou "Macron II" (Paris Normandie), ou encore "5 ans de plus" (Nice-Matin). Ou comme dirait 20 minutes, "Ça marche encore".

Et les Unes, rares, où perce un certain enthousiasme, comme celles des Echos, "Un nouveau départ", avec une photo du chef de l'Etat tout sourire et bras levés, ou du Figaro, "Grande victoire, grands défis".

"Merci qui?"

Côté opposé, Libération pose un grand "Merci qui?" sur la tête du président, coupée en bas de page. "Macron réélu, la victoire sans la gloire", lit-on en pages intérieures du journal de gauche, où l'éditorialiste Paul Quinio liste les lourds dossiers à traiter, une mission qui s'avère selon lui "souvent à rebrousse-poil du quinquennat qui s'achève".

Un dessin, signé Kak dans L'Opinion, résume cette idée d'une réélection qui fait mal: on voit sur un ring une Marianne annoncer "Macron, victoire aux points" et lever le bras de celui-ci, amoché, hagard, tandis que Marine Le Pen de l'autre côté présente le même état d'hébétude, battue, mais debout.

Pas de KO, donc. Ni de chaos: "Cette élection a permis d'éviter le chaos, sûrement pas d'atténuer la colère", remarque Jean-Pierre Dorian dans Sud Ouest. "Oui, mais", titre La Provence, "Et maintenant?", s'interroge Corse-Matin.

Une France "polytraumatisée"

"C'est gagné, mais rien n'est fait", après une deuxième onction électorale qui "ne vaut pas quitus", rappelle Stéphane Vernay dans Ouest-France, en titrant son édito: "Réconcilier les Français... et vite".

Car il s'agit là d'une France "polytraumatisée", observe Dominique Diogon dans La Montagne et "plus que le fantasmé grand remplacement, c'est ce grand déclassement qui nourrit un ressentiment explosif".

afp/hkr

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Une élection qui fait également parler la presse suisse

L'élection présidentielle française a également occupé les pages de la presse suisse lundi. "Une incontestable performance politique dans un pays fracturé par les colères", souligne Richard Werly dans Le Temps.

Dans La Liberté, François Mauron estime que "Emmanuel Macron a sans doute bénéficié de nombre d'électeurs voulant éviter le chaos, tant sur le plan intérieur qu'européen. Mais il prolonge son bail à l'Elysée dans une France plus divisée que jamais!". Cette notion de "France divisée" ressort aussi dans les journaux alémaniques.

Dans la Neue zürcher zeitung, l'éditorialiste souligne que le premier mandat d'Emmanuel Macron est loin d'être un fiasco. Le Tages Anzeiger estime, lui, que la première chose que doit faire à présent le président français, c'est d'abord se réconcilier avec la population: un premier pas important serait de "lâcher cet air hautain, donneur de leçon".