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De fortes chaleurs touchent la Syrie, "c'est l'horreur" pour la population

La ville de Raqqa fait face à de fortes chaleurs depuis 3 mois. [Delil Souleiman - AFP]
La Syrie est également frappée par la canicule / La Matinale / 2 min. / le 13 août 2021
En Syrie, les températures atteignent 40 à 45 degrés depuis trois mois. Et ce pays ravagé par dix ans de guerre n’a plus les infrastructures pour faire face à la chaleur et aux souffrances de la population.

Dans la ville de Raqqa, au nord-est du pays, les températures atteignent 40 à 45 degrés depuis trois mois et même des records de chaleur ces dernières semaines. La température ressentie est de 55 degrés.

La vie est devenue insupportable pour les habitantes et habitants de l’ancienne capitale du groupe État islamique, déjà meurtrie par le conflit.

"Personne ne nous propose de solution"

Des dizaines de familles se baignent dans le fleuve qui traverse Raqqa, l’Euphrate, pour se rafraîchir. C'est le cas de Hiba qui vient presque tous les jours avec ses frères et soeurs. Il explique vendredi dans La Matinale qu'il fait trop chaud chez eux car ils n'ont pas d’air conditionné.

"Et puis de toute façon, même si on en avait un, on ne pourrait pas l’allumer car il n’y a pas d’électricité dans notre immeuble", ajoute le jeune homme.

Sa soeur Kouleima raconte qu'il "fait 40 degrés dans leurs chambres, c’est l’horreur. Alors on profite de l’eau du fleuve, ça nous purifie".

De futurs réfugiés climatiques

Un peu plus loin, Ali, la vingtaine, enchaîne les plongeons avec ses amis. Pour le jeune homme, ces pics de températures deviennent très préoccupants.

Il remarque qu'il fait de plus en plus chaud chaque année "mais personne ne nous propose de solution, personne ne nous aide à faire face à ce problème". Le jeune Syrien craint que "si la température continue d’augmenter comme ça, un jour, on devra partir d’ici et émigrer en Turquie ou en Europe".

D’après les Nations unies, le changement climatique devrait pousser des milliers de Syriens à l’exil d’ici trente ans. Des réfugiés qui s’ajouteront aux 6 millions de personnes qui ont déjà fui le pays à cause de la guerre.

Reportage radio de Céline Martelet et Noé Pignède

Adaptation web: aps

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