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Des intellectuels déplorent le "conformisme idéologique" du moment

L'écrivain Salman Rushdie, connu pour "les versets sataniques". fait partie des signataires d'une lettre qui déplore la censure et le conformisme idéologique du moment. [Ritzau Scanpix/ - Reuters]
L'écrivain Salman Rushdie, connu pour "les versets sataniques". fait partie des signataires d'une lettre qui déplore la censure et le conformisme idéologique du moment. [Ritzau Scanpix/ - Reuters]
Plus de 150 universitaires, écrivains et artistes de renommée internationale ont signé une lettre ouverte exprimant leur soutien aux manifestations antiracistes à travers le monde tout en dénonçant un climat d'intolérance qui s'est installé de toute part, y compris dans le camp des plus progressistes.

Le linguiste et militant américain Noam Chomsky, la journaliste féministe Gloria Steinem ou encore les écrivains J.K. Rowling, Salman Rushdie et Kamel Daoud font partie des signataires de cette tribune appelant à la justice et à la liberté de débattre, publiée mardi sur le site de Harper's Magazine.

Les signataires apportent leur soutien aux manifestations contre les brutalités policières et les inégalités raciales qui se sont propagées des Etats-Unis à d'autres régions du monde, à la suite de la mort de George Floyd. Mais la lettre déplore aussi une censure provoquée, dit-elle, par une fragilisation du débat d'idées et de la tolérance au profit d'un "conformisme idéologique".

"Une certitude morale aveuglante"

Cet "anti-libéralisme" trouverait un allié de poids en la personne du président américain Donald Trump, en pleine campagne pour sa réélection et décrit comme une "réelle menace pour la démocratie", mais d'autres segments de la société l'alimentent aussi, poursuivent les auteurs de cette tribune.

"Si on s'y attend de la part de la droite radicale, la censure se répand également plus largement dans notre culture : avec l'intolérance aux opinions divergentes, la mode de l'humiliation et de la marginalisation en public, et la tendance à diluer des questions politiques complexes dans une certitude morale aveuglante", ajoute la lettre.

Pour combattre les "mauvaises idées" il faut les exposer, argumenter et faire preuve de persuasion, et "non pas essayer de les réduire au silence ou de les faire disparaître", peut-on lire. "Nous refusons tout faux choix entre la justice et la liberté, qui ne peuvent exister l'une sans l'autre."

reuters/ther

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