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Entraînement en cause dans le crash d'un mirage dans le Jura (F) début 2019

Les secours sur le lieu du crash près de Mignovillard, le 9 janvier 2019. [Fabrice Coffrini - AFP ]
Entraînement en cause dans le crash d'un mirage dans le Jura début 2019 / Le Journal horaire / 14 sec. / le 20 décembre 2019
Le crash en janvier dernier d'un avion de chasse Mirage 2000D de l'armée française dans le Jura français est notamment lié à un manque d'entraînement, estime le Bureau Enquête accidents pour la sécurité de l'aéronautique d'État. Les deux occupants étaient décédés.

Dans un rapport dont l'AFP a pris connaissance jeudi, le Bureau Enquête accidents pour la sécurité de l'aéronautique d'État (BEA-É) regrette la destruction de la boîte noire de l'appareil et évoque des erreurs humaines de l'équipage dans l'accident, liées en particulier à un manque d'entraînement, et dans l'escadre concernée, et dans l'Armée de l'air en général.

Le rapport estime que l'équipage n'a pas suffisamment pris conscience, ou pas suffisamment rapidement, de la position dangereuse de l'appareil, qui s'est écrasé dans le massif jurassien dans des conditions de visibilité difficiles, alors qu'il effectuait un exercice de vol à très basse altitude ou "suivi de terrain".

Problème d'entraînement généralisé

L'absence de données dans l'enregistreur de vol a empêché l'analyse de certaines hypothèses, mais le BEA-É évoque un problème d'entraînement généralisé.

"Ce manque d'entraînement a conduit à une recherche d'optimisation à chaque vol. Les entraînements sont devenus, au fil des années, de plus en plus denses. Cette densité est devenue la norme pour les équipages qui n'ont connu que cette situation", expliquent les auteurs.

Pression pour "optimiser l'entraînement"

Les auteurs du rapport font état de la "sous-estimation des risques liés à ce type de mission et à un défaut de supervision". Ils invoquent la pression à laquelle était soumise l'équipage pour "optimiser l'entraînement", évoquant même la "crainte du jugement d'un autre pilote expérimenté" s'il renonçait au projet initial de vol.

Le capitaine, un pilote de combat, totalisait 24 missions de guerre et 940 heures de vol, selon l'armée de l'Air. La sous-cheffe navigatrice, lieutenant, totalisait 97 missions de guerre et 1250 heures de vol. Tous deux venaient de revenir de congés et n'avaient pas volé en métropole depuis plusieurs mois.

Enquête contre X

Dans ses conclusions, le BEA-É recommande notamment "à l'armée de l'air d'assurer un suivi personnalisé de l'entraînement au suivi de terrain (...), afin de permettre au commandement d'adapter la complexité des missions aux progressions individuelles".

Sur le plan judiciaire, une enquête a été ouverte contre X des chefs d'homicides involontaires et de destruction d'aéronef par le parquet de Metz, compétent pour les affaires militaires dans le Grand Est.

ats/jvia

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