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Les internautes seront mieux informés de la portée des "J'aime" en ligne

Les sites qui utilisent le plug-in "like" de Facebook transmettent des données au géant américain [Jeff Chiu - KEYSTONE/AP PHOTO]
La justice européenne responsabilise les entreprises de la collecte de données via les likes Facebook / Forum / 1 min. / le 29 juillet 2019
Les sites de commerce en ligne équipés du bouton "J'aime" de Facebook devront désormais informer leurs clients qu'ils partagent leurs données personnelles avec le groupe américain et demander leur consentement, a jugé lundi la justice européenne.

Selon l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne, les sites web qui utilisent le plug-in "J'aime" de Facebook sont conjointement responsables, avec le géant américain, de la collecte et de la transmission des données personnelles de leurs clients. Autrement dit, cette collecte ne pourra plus être réalisée sans le consentement explicite des utilisateurs.

Contraire aux lois sur la protection des données

Ces boutons "J'aime" ou "Like" sont souvent incorporés aux sites de commerce en ligne, ou même à des contenus médias. Les plateformes qui les utilisent s'assurent ainsi une certaine publicité en apparaissant sur les réseaux sociaux. En retour, le lien nourrit l'activité de Facebook.

Pour la Cour de justice, cette fonctionnalité est contraire aux lois sur la protection des données personnelles. La simple visite des sites qui l'incorporent (il n'est nullement nécessaire de presser sur le bouton) suffit en effet pour que certaines données de l'internaute - adresse IP et identifiant du navigateur notamment - soient transmises à Facebook. Pour ces raisons, une association allemande avait saisi la justice en 2016. Elle reprochait à un site de vente de vêtements en ligne d'avoir transmis à Facebook les données personnelles de ses clients sans avoir obtenu leur consentement.

Mise en place compliquée

"Cette décision s'inscrit dans une démarche vers de plus en plus de transparence et de responsabilisation des acteurs commerciaux par rapport aux données personnelles", a réagi l'avocate Juliette Ancelle dans l'émission Forum de la RTS.

"C'est un peu la tendance actuelle, l'Union européenne prend des décisions de principe en matière de transparence. Mais leur mise en place concrète par les entreprises va être un peu plus compliquée, notamment parce que les données sont collectés dès qu'un internaute arrive sur un site équipé du plug-in de Facebook", poursuit la spécialiste en droit des nouvelles technologies et réseaux sociaux. Dès lors, à quel moment demander son consentement?

>> Ecouter son interview dans l'émission Forum:

Interview de Juliette Ancelle, associée chez Id Est Avocats, spécialisée en droit des nouvelles technologies et réseaux sociaux. [RTS - RTS]RTS - RTS
Quelle suite pour les sites web après la décision de la justice européenne: interview de Juliette Ancelle / Forum / 4 min. / le 29 juillet 2019

L'âge de la petite coche cachée est révolu

Pas question, toutefois, de planquer un avertissement en petits caractères dans un recoin d'une page internet. "On est à un âge où la petite coche cachée en bas d'un site ne fonctionne plus. Il faut un consentement exprès", avertit Juliette Ancelle. Pour elle, cela pourrait pousser les sites internet à se poser des questions avant d'opter pour l'installation d'une fonctionnalité de ce type, et peut-être à y renoncer s'ils estiment ne pas avoir les moyens de se conformer à la loi.

L'association allemande Bitkom, qui représentante les entreprises du net, a critiqué cet arrêt, estimant qu'il allait accabler les sites web d'une énorme responsabilité et augmenter la bureaucratie. A l'inverse, l'Association européenne de défense des consommateurs a salué le jugement de la Cour, considérant qu'il "clarifiait les droits des personnes en matière de données" et empêchait les entreprises de "se cacher derrière Facebook".

Sujet radio: Katja Schaer
Adaptation web: Vincent Cherpillod/afp

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