Modifié le 14 février 2019 à 16:55

Un réfugié soudanais remporte le prix Martin Ennals pour les droits humains

Droits humains : Abdul Aziz Muhamat reçoit le Prix Ennals
Droits humains : Abdul Aziz Muhamat reçoit le Prix Ennals 12h45 / 2 min. / le 14 février 2019
Le Prix Martin Ennals, "Nobel des droits de l'homme", a été remis mercredi soir à Genève au Soudanais Abdul Aziz Muhamat, "parqué" par l'Australie sur l'île de Manus.

C'est la première fois que le prix couronne une victime de violations dues à une démocratie "occidentale" et qu'il porte sur une question liée aux réfugiés.

Depuis 2013, des milliers de demandeurs d'asile ont été confinés sur une île de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Manus, et dans l'Etat insulaire de Nauru. "Nous avons été considérés comme moins que des êtres humains, pire que des criminels", a dit devant la presse Abdul Aziz Muhamat avant de recevoir son prix. "Nous avons été exposés à de la torture systématique et à un déni de droits", ajoute celui qui est devenu le porte-parole de ces requérants retenus.

Pas de réaction du gouvernement

Grâce à un passeport Nansen pour les réfugiés, Abdul Aziz Muhamat a pu obtenir un visa de deux semaines de la Suisse pour recevoir son prix. Mais pas question pour lui de ne pas rentrer dans ce camp. "Je vais terminer ce que j'ai commencé", dit le Soudanais qui est prêt à continuer à payer le prix de son exposition.

De son côté, le gouvernement australien "n'a pas réagi" à toutes les critiques internationales jusqu'à présent et la situation ne devrait pas changer, selon lui.

ats/vkiss

Publié le 14 février 2019 à 13:40 - Modifié le 14 février 2019 à 16:55

Prix de 30'000 francs

Cette année, les deux autres finalistes étaient les militants afro-colombien Marino Cordoba Berrio et turque Eren Keskin. Le lauréat du Prix Ennals reçoit 30'000 francs.

La cérémonie était organisée par la Ville de Genève. Le Prix Ennals est remis chaque année depuis 25 ans par dix ONG, dont Amnesty International, l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT), la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) ou encore Human Rights Watch (HRW).

L’Ile maudite de Manus serait-elle une pépinière de talents?

Behrouz Boochani réfugié iranien détenu depuis cinq ans à Manus vient d’écrire un livre intitulé « Pas d’ami à part les montagnes », un livre qui a remporté le prix Goncourt australien. Un document unique qui raconte la torture, les mauvais traitements, les humiliations quotidiennes qui broient les individus condamnés à l’attente et à l’incertitude. Behrouz Boochani n’a pas pu aller chercher son prix en Australie, ce qui n’est le cas de son compagnon d’infortune, Abdul Aziz Muhamat également captif du camps de rétention de Manus.

Ce réfugié soudanais a été ovationné mercredi soir à Genève lorsqu’il reçu le prix Martin Ennals pour les défenseurs des droits de l’homme. Lui aussi dénonce les tortures psychlologiques et autres violences dont sont victimes ces migrants du bout du monde, otage de la politique migratoire australienne. Mais il raconte aussi sa croisade en faveur de la dignité et du respect des droits de l’homme.

"J’utilise les traumatismes, la torture et autres expériences comme une énergie pour me renforcer et pour me battre". Deux personnalités d’exception.

Anne Delaite