Modifié le 15 novembre 2018 à 21:25

Facebook dément avoir mené une vaste campagne de dénigrement

Le groupe de Marc Zuckerberg dément avoir demandé de répandre de fausses informations.
Le groupe de Marc Zuckerberg dément avoir demandé de répandre de fausses informations. [Kay Nietfeld - DPA/Keystone]
Le groupe Facebook s'est défendu jeudi d'avoir orchestré une campagne de dénigrement visant notamment le financier George Soros. Il répond ainsi aux accusations portées par une enquête du New York Times.

Selon le quotidien américain, Facebook aurait demandé à la société de relations publiques Definers de mener une campagne pour discréditer les critiques émises contre le groupe, en suggérant des liens entre ces critiques et George Soros ou en dénigrant ses concurrents - Apple et Google en tête.

Il s'agissait de détourner l'attention du scandale autour de l'ingérence russe avant les élections américaines de 2016.

Facebook trop lent à détecter l'ingérence russe?

Le journal reproche par ailleurs au patron de Facebook Mark Zuckerberg et à la numéro deux du groupe Sheryl Sandberg d'avoir "ignoré les signes avant-coureurs" des tentatives d'ingérence russe. "Nous avons reconnu publiquement à plusieurs reprises - y compris devant le Congrès - que nous avions été trop lents à détecter l'ingérence russe sur Facebook", souligne dans un communiqué le groupe qui est ébranlé ces derniers mois par des scandales à répétition.

Le New York Times "a tort de suggérer que nous ayons demandé à Definers de payer pour, ou d'écrire des articles pour le compte de Facebook, ou de répandre de fausses informations", se défend également le géant de l'internet. Ce dernier n'en a pas moins "rompu son contrat" mardi soir avec cette société de relations publiques proche du parti républicain.

>> Ecouter l'interview de Benoît Flamant, responsable des investissements dans le digital à la société de gestion de portefeuilles Finaltis, dans Forum:

Benoît Flamant.
Finaltis
Forum - Publié le 15 novembre 2018

agences/oang

Publié le 15 novembre 2018 à 18:39 - Modifié le 15 novembre 2018 à 21:25

George Soros, bête noire des leaders populistes

Le milliardaire et philanthrope juif hongrois George Soros est l'une des bêtes noires des leaders populistes dans le monde. Plus récemment, il a été pris pour cible par le président américain Donald Trump lui-même.

Selon le New York Times, Definers établissait des liens entre des critiques et le financier, décrit dans une étude financée par le cabinet comme une éminence grise derrière les attaques contre Facebook. Les fondations Open Society de George Soros déclarent ne jamais avoir financé de campagne contre le réseau social.

Definers a bien "encouragé des journalistes" à se pencher sur le financement d'une campagne anti-Facebook, mais "suggérer que (cette action de la société de relations publiques) relevait d'une attaque antisémite est répréhensible et faux", écrit jeudi le groupe dirigé par Mark Zuckerberg, lui-même de confession juive.

Appel à des mesures du Congrès américain

Le représentant démocrate David Cicilline, qui devrait prendre en janvier la tête d'un panel de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, a déclaré mercredi qu'il ne fallait plus faire confiance à Facebook pour s'autoréguler et a appelé à des mesures du Congrès américain.

L'élu a fait cette déclaration après la publication de l'enquête du New York Times. "Cet article alarmant établit clairement que les dirigeants de Facebook penseront toujours à leurs profits massifs en premier plutôt qu'aux intérêts de leurs clients", a écrit David Cicilline sur Twitter.

Le démocrate estime que le Congrès doit plancher sur de nouvelles lois pour "lutter contre l'influence corruptrice de l'argent des entreprises dans notre démocratie et rétablir les droits des Américains".