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Un fonds intéressé par les raffineries de Petroplus

Les banques créancières de Pétroplus ont gelé un milliard de francs de crédits. [Peter Klaunzer]
Les banques créancières de Pétroplus ont gelé un milliard de francs de crédits. [Peter Klaunzer]
Goldsmith Group est intéressé par la reprise des cinq raffineries de Petroplus, actuellement au bénéfice d'un sursis concordataire. Ce fonds d'investissement est déjà présent dans le capital du groupe pétrolier zougois. L'annonce a fait bondir le titre de la société jeudi à la Bourse suisse.

Le fonds d'investissement Goldsmith Group, créé par l'Allemand Clemens Vedder, est basé en Suisse. Déjà présent dans le capital de Petroplus, il n'a fourni aucun élément sur le montant qu'il serait prêt à débourser pour racheter les cinq raffineries du raffineur zougois.


Dans son communiqué, cité par l'agence Dow Jones Newswires, Goldsmith précise avoir déjà entamé des discussions dites de "due diligence" pour vérifier la situation de l'entreprise en Allemagne, Grande-Bretagne et en Suisse et indique vouloir également contacter les parties prenantes en France et Belgique dans le même but.


Action en forte hausse

Clemens Vedder s'est fait une spécialité dans les entreprises en difficulté, privilégiant toutefois le commerce de détail. Il avait vendu en 1997 à Intermarché le groupe allemand de magasins de proximité Spar, réalisant une forte plus-value deux ans après en avoir pris le contrôle. Il a créé Goldsmith Group en 2007, conjointement avec le spécialiste des investissements alternatifs (hedge funds) Blacksmith.


"L'objectif des parties en présence devrait être d'empêcher de nouvelles fermetures de raffineries", explique jeudi Goldsmith dans son communiqué. A la Bourse suisse, l'action Petroplus flambait de 61% à 1,03 franc vers 14h30 suite à cette annonce.


Le groupe d'investissement Klesch, déjà candidat à la reprise du site français de Petit-Couronne, s'était de son côté déclaré mercredi intéressé par deux autres raffineries de Petroplus, en Angleterre et en Allemagne. La société, basée à Genève, ne souhaite en revanche pas reprendre la raffinerie de Cressier (NE) "Elle est trop petite et dépend pour son approvisionnement d'un pipeline en provenance de Marseille", relève le patron Gary Klesch.


Sursis concordataire

Petroplus a obtenu mardi un sursis concordataire provisoire de deux mois pour sa raffinerie de Cressier (NE) devant le tribunal régional de Boudry (NE). La demande avait été formulée la semaine dernière dans la foulée de l'échec des négociations avec les créanciers du groupe. Deux commissaires au sursis ont été nommés. Ils devront veiller à la poursuite des activités sur le site neuchâtelois, même en mode minimum, et s'assurer que les salaires soient versés.


La requête déposée par le groupe zougois prévoit le maintien d'une activité minimum sur le site. La reprise de la production n'est pas à l'ordre du jour. La mise en sursis concordataire vise à protéger les intérêts des créanciers. Elle permet aussi de gagner un peu de temps pour offrir une perspective à la raffinerie et à ses employés.


agences/dk


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