Modifié le 20 septembre 2017

Ignazio Cassis, à la fois lobbyiste des assureurs et partisan du cannabis

Le nouveau conseiller fédéral Ignazio Cassis.
Le nouveau conseiller fédéral Ignazio Cassis. [Peter Klaunzer - Keystone]
Après dix ans au Conseil national, le nouveau conseiller fédéral Ignazio Cassis est vu comme un homme fort à Berne. Le Tessinois de 56 ans y défendait à la fois les assureurs maladie et la légalisation du cannabis.

Né à Sessa, dans le sud du Tessin, le 13 avril 1961, Ignazio Cassis a suivi des études de médecine à Zurich, se spécialisant notamment dans la santé publique et la prévention. Il finit par devenir médecin cantonal.

Enfant, le nouveau conseiller fédéral a perdu un auriculaire, ce qui l'a contraint à abandonner le piano pour la trompette et le lancer du poids pour la course à pied. Marié à Paola Rodoni Cassis, médecin à Lugano, il n'a pas d'enfant. A Berne en semaine, ce politicien qui parle l'italien, l'allemand et le français retrouve son épouse au Tessin le week-end.

>> Lire aussi Grâce à Ignazio Cassis, le Tessin retrouve un siège au Conseil fédéral et Déception romande et féminine après l'élection d'Ignazio Cassis

Lobbyiste qui a glissé à droite

La carrière politique d'Ignazio Cassis a commencé en 2003 quand le PLR tessinois cherche à inscrire un médecin sur sa liste en vue des élections fédérales. Il accepte et termine premier des "viennent ensuite". Après l'élection de Laura Sadis au Conseil d'Etat en 2007, Ignazio Cassis prend place au Conseil national à 46 ans. Il est réélu en 2011 et 2015, prenant alors la présidence du groupe parlementaire PLR.

Sous la Coupole, le Tessinois s'est concentré sur la politique de la santé et des assurances sociales. Il est perçu comme le lobbyiste des caisses maladie, puisqu'il est à la tête de l'association des assureurs maladie Curafutura, de la faîtière des EMS Curaviva, de la fondation Equam active dans les soins ambulatoires, et de Radix, centre national pour le développement et la mise en œuvre de mesures de santé publique. Cet engagement lui vaut le surnom de "Krankencassis".

Politiquement, Ignazio Cassis se situe au centre du PLR, comme l'illustre une évaluation du politologue Michael Hermann: libéral sur le plan économique et critique envers l'Etat. Au Conseil national, le député a progressivement glissé vers la droite parce qu'il a mieux compris certaines interdépendances, a-t-il expliqué dans une interview.

>> La prestation de serment:

Ignazio Cassis prête serment devant l'Assemblee fédérale
L'actu en vidéo - Publié le 20 septembre 2017
 

Pour la légalisation du cannabis

Avec l'arrivée du Tessinois, le Conseil fédéral est maintenant susceptible de pencher davantage à droite. Toutefois, le nouvel élu se décrit comme un libéral non seulement au niveau économique, mais aussi sociétal. Son engagement en faveur de la légalisation du cannabis le montre bien: cette problématique l'accompagne depuis la fin des années 1990.

Officiant dans la médecine préventive, Ignazio Cassis devient en 1997 membre de la Commission fédérale pour les questions liées aux drogues. Partisan de la légalisation du cannabis (possession et consommation), le conseiller national soutiendra par la suite l'initiative pour la dépénalisation, que le peuple rejettera à 63,2% dans les urnes en 2008.

Pendant la campagne électorale, le Tessinois s'est également dit favorable à une distribution contrôlée de la cocaïne - comme c'est le cas pour l'héroïne -, une déclaration qui a provoqué des discussions animées.

>> Ignazio Cassis rejoint ses collègues du Conseil fédéral:

Ignazio Cassis rejoint ses collègues du Conseil fédéral
L'actu en vidéo - Publié le 20 septembre 2017
 

ats/boi

Publié le 20 septembre 2017 - Modifié le 20 septembre 2017

Passeport italien rendu

La double nationalité suisse et italienne d'Ignazio Cassis a également fait l'objet de débats cet été: un conseiller fédéral possédant deux passeports peut-il représenter les intérêts de la Suisse de manière crédible, s'est demandé le landerneau politique.

Ignazio Cassis a hérité de la nationalité italienne de son père et obtenu en 1976, à l'âge de 15 ans, le passeport helvétique. Il a renoncé récemment à son passeport italien, un choix qui a également suscité la controverse.