Mise à jour le 08 novembre 2013

La Collection de l'Art brut inaugure ses biennales à Lausanne

La Collection de l'Art brut inaugure vendredi à Lausanne une exposition temporaire dédiée aux moyens de locomotion. Cet événement est le premier de la série des biennales de l'Art brut.

La Collection de l'Art brut à Lausanne fera la part belle aux véhicules, qu'ils soient terrestres, aériens ou maritimes. Plus de 200 oeuvres inspirées des moyens de locomotion y seront exposées du 8 novembre 2013 au 27 avril 2014, dans le cadre de la première exposition thématique des biennales de l'Art brut.

Zablatnik Erich, "Sans titre", 1989

Zablatnik Erich, "Sans titre", 1989 [Collection de l'Art Brut, Lausanne]

Les moyens de transport sont un thème récurrent de l'art brut. Ils sont ici représentés sous toutes leurs formes, grâce à des techniques variées allant de la peinture au collage en passant par la sculpture, l'art textile ou l'écrit.

Valoriser la collection

En 2012, la direction de la Collection a pris la décision de mettre davantage en avant son propre fonds, qui compte plus de 60’000 peintures, dessins, sculptures, oeuvres textiles et écrits de 400 auteurs, dont 700 présentées en permanence au Château de Beaulieu.

Tous les deux ans, une exposition thématique telle que "Véhicules" se tiendra donc à Lausanne. Ces biennales seront l'occasion de sélectionner aussi bien des travaux n'ayant encore jamais été exposés au public, que d'autres déjà exposés, mais présentés sous une nouvelle perspective.

Jessica Vial

L'Art brut lié à Lausanne depuis 1975

Le terme "art brut" a été employé pour la première fois en 1945 par le peintre Jean Dubuffet (1901-1985) pour qualifier les oeuvres réalisées par des non-professionnels de l'art, exempts de culture artistique, par exemple des pensionnaires d'asile psychiatriques, retraités, détenus ou autres autodidactes marginalisés. Il a regroupé ces productions dans la Collection de l'art brut, hébergée à Lausanne depuis 1975.

"L'art brut n'est ni un courant, ni un mouvement. D'ailleurs, nous parlons plutôt d'auteurs que d'artistes, ceux-ci n'ayant généralement pas conscience de leur art. Pour eux, c'est souvent le processus qui prime sur le résultat", décrit Pascale Mariani, conservatrice à la Collection de l'Art Brut.

Une volonté de documentation

L'exposition "Véhicules" est accompagnée d'une publication de Michel Thévoz et Anic Zanzi, s'inscrivant dans la série intitulée "Art brut, la collection" (Ed. 5 continents, Milan). Cet ouvrage, publié en français et en anglais, permet une visite virtuelle des collections. "Véhicules d'art brut", un livre illustré destiné aux enfants et réalisé par Anic Zanzi, est également proposé en marge de l'exposition.

Cette volonté de soigneusement documenter les productions s'inscrit dans la tradition des "Fascicules de l'Art Brut", lancés par Jean Dubuffet en 1964. Ces recueils, toujours régulièrement publiés par la Collection de l'Art Brut, sont des ouvrages collectifs documentant la vie et la technique des auteurs, à travers des articles rédigés par des proches ou par des spécialistes.